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IA en santé: le test très concret proposé aux entreprises toulousaines

Le 30 juin, Start In Lab’ Santé réunira entreprises et chercheurs autour de la donnée, de l’IA et des collaborations de recherche.

Illustration - Entreprises et chercheurs en santé numérique

Le 30 juin, à Castres, des entreprises pourront présenter un projet santé devant des chercheurs. Pas pour vendre une application miracle. Pour vérifier une chose plus modeste, et souvent plus utile: leur idée a-t-elle besoin d’un laboratoire, et si oui, lequel?

C’est l’objet de Start In Lab’ Santé, une demi-journée organisée à l’école ISIS autour de la donnée, de l’intelligence artificielle et des collaborations entre entreprises et recherche. L’événement est gratuit sur inscription. Il prévoit des présentations de laboratoires, des pitchs d’entreprises, un point sur les financements européens, une visite du campus et un atelier pour faire émerger des consortiums.

Le rendez-vous n’a pas lieu en Haute-Garonne, mais Toulouse est bien dans la boucle. L’IRIT, grand laboratoire toulousain d’informatique, figure parmi les organisateurs. UT Innovation, le pôle universitaire d’innovation de Toulouse, est aussi associé. Pour une PME ou une start-up du secteur santé, l’intérêt n’est donc pas de “faire de l’IA” en général. C’est de trouver le bon point de contact entre un usage, une donnée, une compétence scientifique et un cadre de développement.

Beaucoup de projets se jouent à cet endroit précis. Une entreprise peut avoir un outil de suivi, une idée d’aide au diagnostic, une base de données ou un prototype prometteur. Mais, dans la santé, un modèle ne suffit pas. Il faut savoir d’où viennent les données, comment elles peuvent être utilisées, qui les valide, et ce que l’on cherche vraiment à améliorer: le diagnostic, l’organisation d’un service, le suivi d’un patient, la détection d’un signal faible.

La Haute-Garonne dispose déjà de points d’appui. ANITI porte, avec le soutien régional, un programme IA pour la santé qui rapproche chercheurs, acteurs médicaux et entreprises. Le CHU de Toulouse dispose aussi d’un entrepôt de données de santé présenté dans un cadre conforme aux exigences de la CNIL, dans le cadre du réseau Health Data 3OI. Ces outils ne transforment pas automatiquement une idée en innovation, mais ils montrent que le sujet a quitté le simple discours pour entrer dans des cadres de travail plus précis.

Reste une contrainte majeure: la donnée de santé n’est pas une donnée comme les autres. La CNIL rappelle qu’elle relève d’un régime sensible. L’hébergement de ces données peut aussi nécessiter une certification spécifique. Pour les entreprises, cela change la préparation: il ne suffit pas d’arriver avec une promesse technique. Il faut arriver avec un cas d’usage clair, une donnée identifiée, une vraie question de recherche et une idée des contraintes.

Après les appels TIRIS sur les liens entre recherche et terrain, Start In Lab’ Santé confirme une tendance simple: l’innovation toulousaine ne se fabrique pas seulement dans les laboratoires, ni seulement dans les entreprises. Elle avance quand les deux côtés acceptent de préciser ce qu’ils peuvent réellement faire ensemble.

Pour une jeune entreprise, c’est peut-être le meilleur usage de la journée: repartir avec moins de slogans, plus de questions utiles, et si possible le nom de la bonne personne à rappeler. En santé numérique, c’est déjà une petite victoire.