Entre La Vache et Ponts-Jumeaux, Berthe de Puybusque a fini sa première traversée souterraine: 2,5 km creusés, une machine à démonter, puis à réassembler avant de repartir vers Raisin. Pour un chantier que l’on voit souvent sous forme de palissades, de trottoirs resserrés et de plans de circulation modifiés, ce genre de jalon donne enfin un repère simple.
La ligne C avance par morceaux. Pas seulement dans les communiqués, mais dans des lieux que les Toulousains peuvent situer: La Vache, Ponts-Jumeaux, Bonnefoy, Matabiau, François-Verdier, Sept-Deniers, Blagnac, Labège.
Marie-Thérèse de Villeneuve-Arifat est ainsi arrivée à François-Verdier, après être passée par Bonnefoy et Matabiau Gare. Elle doit poursuivre vers le puits Saint-Sauveur. Lise Enjalbert, elle, a franchi un passage sensible sous la Garonne, sur un tronçon qui doit la mener de Ponts-Jumeaux vers Blagnac puis le puits Laporte.
Les noms amusent. Les itinéraires comptent davantage. Ils permettent de lire le chantier autrement que comme une longue attente avant la mise en service. Sous la ville, les tunneliers relient déjà des points de la future ligne; en surface, les quartiers continuent de composer avec les travaux, les accès déplacés et l’information de proximité.
Ce point d’avancement rappelle aussi que la ligne C ne se limite pas à ses tunnels. À la mi-mai, la carte interactive de Tisséo indiquait encore plusieurs tunneliers en progression, tandis que Marguerite de Catellan avait terminé son parcours. Elle signalait aussi le viaduc entre Montaudran et Labège Gare comme achevé sur 4,8 km. Là, le chantier change de phase: après le génie civil viennent les rails, les équipements et l’aménagement des stations aériennes.
La Clé Publique avait déjà raconté le cap général franchi par la ligne C et la ligne Aéroport. Le point du moment est plus précis. Il ne dit pas seulement que le grand chantier avance; il montre où il avance, avec quelles machines, et dans quelle partie de la métropole.
Ces jalons ne règlent pas, à eux seuls, la question du calendrier de fin 2028. Mais ils donnent une lecture plus honnête de l’avancement. Le métro ne surgira pas d’un coup. Il se construit par stations, par tronçons, par viaduc, par machines baptisées comme des personnages de roman local. Pour les habitants, c’est peut-être la meilleure manière de suivre l’affaire: non pas une promesse lointaine, mais une carte qui se remplit, tunnelier après tunnelier.