Depuis décembre, les visiteurs n’entrent plus aux Augustins comme avant. Le musée des beaux-arts de Toulouse se découvre désormais par un nouveau pavillon d’accueil rue de Metz, avant de rejoindre le cloître, les salles rouvertes et un parcours encore partiel. Dans ce musée longtemps absent des habitudes, plus de 100 000 personnes sont déjà passées depuis la réouverture du 17 décembre 2025.
Le seuil attire l’œil. Il devient surtout intéressant quand on regarde qui se trouve derrière. Selon la Mairie de Toulouse, 38 424 visiteurs venant de Toulouse représentent 47 % de la fréquentation totale. Les étudiants représentent 11 468 entrées, soit 12 % de la fréquentation. Les moins de 18 ans comptent pour 6 208 visiteurs. Les premiers dimanches gratuits ont, à eux seuls, attiré 12 383 personnes.
Ces chiffres empêchent de réduire la reprise à une simple curiosité de réouverture. Ils montrent surtout que le musée redevient une sortie possible: un dimanche gratuit, une nocturne, une visite avec des enfants, un passage par la boutique sans forcément acheter un billet. Le tarif minoré pendant l’ouverture partielle aide aussi: 5 euros en plein tarif, 3 euros en réduit, avec gratuité le premier dimanche du mois.
Le retour reste pourtant progressif. Fermé depuis mai 2019 pour rénovation et restauration, le musée n’a pas encore retrouvé tout son périmètre. Le grand cloître n’est rouvert qu’en partie. Les salles gothiques doivent revenir à l’automne, avec notamment Notre-Dame de Grasse et les apôtres de Rieux. La restauration de certaines parties patrimoniales se poursuit encore. C’est ce qui rend le cap des 100 000 plus parlant: il est atteint alors que le lieu n’est pas encore complet.
Pour Toulouse, ce retour a aussi une valeur de centre-ville. Les Augustins ne sont pas un équipement périphérique ni un décor pour touristes pressés. Ils se trouvent au cœur de la ville, entre rue de Metz, Esquirol et Carmes, dans l’ancien couvent devenu musée. Après la réouverture de la Cinémathèque, dont nous racontions récemment le chantier de conservation à Balma, les Augustins rappellent que les grands lieux culturels doivent se reconstruire une fréquentation, pas seulement rouvrir leurs portes.
La suite dira si l’élan tient quand l’effet de nouveauté s’atténuera. Le vrai succès ne sera pas seulement d’avoir franchi 100 000 visiteurs en quelques mois, mais de voir les Toulousains remettre les Augustins dans leurs sorties ordinaires: revenir pour une salle rouverte, une nocturne, un dimanche gratuit, ou simplement parce que le musée est de nouveau là, accessible et familier.