À Chapou, la piscine d’été des Amidonniers pourrait changer de saison. Le projet retenu par la Ville de Toulouse vise à transformer ses bassins en bassins nordiques, utilisables toute l’année, et non plus seulement aux beaux jours.
L’avis publié le 8 mai donne désormais les contours concrets de l’opération. Le groupement mené par NAS Architecture a été choisi pour la maîtrise d’œuvre. L’enveloppe prévisionnelle des travaux est fixée à 3,3 millions d’euros hors taxes, en valeur septembre 2025.
Le programme concerne la piscine Chapou, 1 rue Saunière, dans le parc du même nom. Aujourd’hui, l’équipement fonctionne comme une piscine estivale, avec un bassin de 25 mètres et un bassin d’apprentissage. Il est fermé en automne et en hiver. La transformation annoncée revient donc à faire passer un lieu de saison dans l’offre régulière des piscines toulousaines.
Le projet ne consiste pas seulement à chauffer un bassin dehors. L’avis prévoit la mise aux normes de la taille du bassin de compétition, l’extension des vestiaires pour mieux accueillir les scolaires, une halle couverte non chauffée au-dessus du bassin d’apprentissage et la création d’un solarium. L’idée est de rendre Chapou plus utilisable, plus souvent, par davantage de publics.
C’est ce qui fait sortir le sujet du simple marché public. Une piscine municipale se juge dans des usages très ordinaires: les créneaux des clubs, les cours de natation, les familles du quartier, les nageurs qui cherchent une ligne d’eau avant ou après le travail. Pour les écoles, la capacité d’un équipement se joue aussi dans les vestiaires, les rotations de classes et les minutes perdues entre deux séances.
Chapou s’inscrit dans le Plan piscines de Toulouse, doté de plus de 30 millions d’euros. La Ville a déjà transformé à Bellevue un bassin estival en bassin nordique. Elle prévoit aussi un bassin sportif nordique de 50 mètres à Toulouse-Lautrec. La logique est lisible: augmenter l’offre disponible sans construire partout des piscines entièrement nouvelles.
Reste la question qui accompagne tout bassin chauffé: l’énergie. Le Cerema rappelle que les piscines publiques sont parmi les équipements municipaux les plus consommateurs, avec une moyenne supérieure à 3 000 kWh par mètre carré de plan d’eau. L’Ademe souligne de son côté que le parc français est vieillissant et que les centres aquatiques doivent réduire leur consommation dans les prochaines décennies.
À Toulouse, le débat existe déjà. La Dépêche du Midi a rapporté, à l’automne 2025, les critiques de l’opposition sur le principe d’un bassin extérieur chauffé, et la réponse de la majorité, qui défend un équipement adapté au climat toulousain. Le point d’équilibre est là: un bassin nordique réussit s’il ajoute de vrais créneaux de nage sans faire exploser l’énergie nécessaire pour les offrir.
L’avis ne dit pas encore quand les usagers verront les travaux commencer, ni combien de temps Chapou devra fermer. Mais il suffit à comprendre le choix engagé. Toulouse ne prépare pas seulement la rénovation d’une piscine d’été. Elle cherche à transformer un équipement de quartier en bassin ouvert toute l’année. Le projet se jugera là: dans les créneaux réellement gagnés, les scolaires mieux accueillis et la facture que la Ville saura tenir.