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Ligne C: avant les voyageurs, les secours répètent dans le tunnel

À Toulouse, un exercice de secours en tunnel rappelle qu’un métro se prépare aussi par ses scénarios d’urgence avant l’ouverture au public.

Illustration - Secours dans un tunnel

Sous Matabiau, l’urgence était fausse. Les fumées aussi. Mais les casques, les radios, les consignes et les équipes descendues dans l’ouvrage, eux, étaient bien réels.

Le 8 décembre 2025, Tisséo Ingénierie a organisé avec le service départemental d’incendie et de secours de la Haute-Garonne et les entreprises du chantier un exercice de secours en milieu souterrain, sur les secteurs Raisin, Bonnefoy et Matabiau. Le sujet n’a rien d’anecdotique pour la future ligne C. Avant d’accueillir des voyageurs, un métro doit aussi devenir un terrain connu pour ceux qui devront intervenir si quelque chose se passe mal.

L’exercice avait été annoncé aux riverains. Les fumées visibles autour de Matabiau étaient simulées, non dangereuses, encadrées. Tisséo précisait aussi que l’opération ne devait pas perturber la ligne A ni la correspondance piétonne entre Marengo et la gare SNCF. Dans un quartier déjà habitué aux palissades, aux accès modifiés et aux engins, la nuance compte: une fumée peut inquiéter, ou simplement signaler que les secours s’entraînent.

Le scénario publié ensuite par Tisséo donne une idée concrète de ce qui se joue dans ces répétitions. Des travailleurs sont confinés dans la cabine de survie du tunnelier. Du matériel est descendu en fond d’ouvrage. Les pompiers interviennent dans un tunnel enfumé. Un malaise est simulé. Les personnes confinées sont récupérées, puis prises en charge avec l’appui de la cellule psychologique du service d’aide médicale urgente de Haute-Garonne.

L’intérêt n’est pas le spectaculaire. Il est dans l’enchaînement: qui descend, par où, avec quel matériel, qui parle à qui, qui prend le relais, comment on évacue ou rassure des personnes dans un environnement fermé. Sous terre, une procédure abstraite devient très vite une affaire de cheminement, de visibilité, de temps et de coordination.

Avec ses 27 kilomètres, ses 21 stations, ses 200 000 voyageurs attendus chaque jour et un tracé à 80 % souterrain, la ligne C change d’échelle pour l’agglomération toulousaine. Les habitants voient surtout l’avancement du chantier: stations creusées, tunneliers, rues réorganisées. Ces exercices montrent une autre partie du même projet, moins visible mais indispensable à l’ouverture.

La réglementation des transports guidés souterrains prévoit d’ailleurs des accès pour les secours, des moyens de communication, des dispositifs liés à l’incendie, à l’évacuation et au désenfumage, ainsi qu’un plan d’intervention connu des acteurs concernés. Un exercice comme celui de Matabiau n’est donc pas un supplément autour du chantier. C’est une façon de transformer un ouvrage en futur lieu d’exploitation.

Moins visible qu’un tunnelier, plus discret qu’une nouvelle station, ce travail dit pourtant quelque chose de simple sur la ligne C: avant que le public ne descende dans le métro, d’autres doivent déjà savoir comment en sortir quelqu’un.