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Greenerwave à Toulouse : une antenne de plus dans l’écosystème spatial local

Greenerwave ouvre une équipe près de la Cité de l’Espace, avec des moyens de test pour ses terminaux satellitaires.

Antenne satellite en test

À Toulouse, l’attractivité économique se reconnaît parfois à une pièce sans écho.

Greenerwave, deeptech française spécialisée dans le contrôle des ondes électromagnétiques, a installé une équipe près de la Cité de l’Espace. Sur place, l’entreprise dit disposer notamment d’une chambre anéchoïque, une sorte de chambre sourde utilisée pour tester des signaux radio, d’équipements de mesure et d’une structure extérieure pour valider ses terminaux de communication par satellite. Ce n’est pas le décor habituel des annonces d’implantation. C’est précisément ce qui rend le sujet intéressant.

L’entreprise ne vient pas à Toulouse pour poser une plaque sur une porte. Elle y cherche un environnement de travail très particulier : des compétences spatiales, des partenaires, des clients possibles et des moyens de test. Greenerwave conçoit des antennes plates capables d’orienter électroniquement les signaux vers des satellites, avec une promesse claire : réduire la consommation d’énergie, le recours aux semi-conducteurs et le coût de production par rapport à des solutions plus classiques.

Le choix toulousain se comprend dans cette chaîne. La métropole concentre une part majeure de l’emploi spatial européen, avec des industriels, des laboratoires, des écoles et des PME sur presque tous les maillons : satellites, équipements, logiciels, télécommunications, applications. Pour une entreprise qui travaille sur les communications satellitaires, Toulouse n’est pas seulement une adresse prestigieuse. C’est un accès direct à des acteurs capables de tester, intégrer, comparer et parfois acheter ce type de technologie.

La cellule locale de Greenerwave est pilotée par Thibault Maisonnat et rassemble des profils venus notamment de Thales Alenia Space, Airbus Defence and Space et Eutelsat OneWeb. Toulouse Team indique que l’entreprise, qui compte près de 120 collaborateurs surtout basés à Paris, veut étoffer cette équipe. Le nombre exact d’emplois créés localement reste à suivre, comme la part de recherche, d’intégration, de démonstration commerciale ou de production qui sera réellement portée depuis Toulouse.

Le calendrier donne tout de même du poids à l’implantation. En 2025, Greenerwave a annoncé un partenariat avec Safran pour développer un terminal de communication par satellite en bande Ka destiné à l’aviation commerciale. La même année, l’entreprise a signé un contrat avec la Direction générale de l’armement, en partenariat avec Airbus Defence and Space et Eutelsat, pour des terminaux de communication satellitaire multi-orbite. En février 2026, Airbus Defence and Space et Greenerwave ont annoncé deux nouveaux contrats renforçant leur partenariat dans les communications satellitaires.

Ces noms ne suffisent pas à faire un ancrage local. Mais ils expliquent pourquoi Toulouse compte. Dans ce secteur, une technologie ne vaut pas seulement par son idée initiale. Elle doit fonctionner dans un avion, sur un véhicule, avec plusieurs types de satellites, dans des conditions réelles et devant des clients capables de repérer vite ce qui tient la route. C’est là que la densité toulousaine devient utile.

L’installation de Greenerwave ne transforme pas à elle seule l’économie haut-garonnaise. Elle montre plutôt une mécanique plus discrète : Toulouse attire encore des entreprises qui ont besoin d’un écosystème avant d’avoir besoin d’une vitrine. Dans le spatial, la promesse ne reste pas longtemps dans les communiqués. Elle finit dans une salle de test, face à une antenne, avec un signal à faire passer.