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À Toulouse, trois appels TIRIS pour faire entrer le terrain dans la recherche

Co-recherche, modules interdisciplinaires, summer school : trois appels TIRIS ouvrent des portes concrètes entre laboratoires et acteurs locaux.

Illustration d’un atelier de recherche

À Bellefontaine, Reynerie et Mirail Université, un projet soutenu par TIRIS, l’initiative universitaire toulousaine consacrée à l’impact de la recherche sur la société, s’intéresse aux arbres et aux espaces verts, non pas seulement depuis un laboratoire, mais avec des habitants, des artistes, Toulouse Métropole et des associations locales. Ailleurs à Toulouse, un autre projet travaille sur des ateliers de cuisine saine à petit budget avec Tabliers Solidaires.

Ces exemples donnent une idée simple de ce que peut produire la co-recherche quand elle quitte le vocabulaire universitaire : une question de terrain, un laboratoire, des partenaires qui savent ce qui se passe réellement, et un financement pour construire quelque chose ensemble.

C’est précisément l’objet de l’appel TIRIS « co-recherches avec et pour la société », ouvert jusqu’au 6 mai 2026. Le délai est court. L’appel vise des projets associant la recherche à des acteurs non académiques : associations, collectivités, entreprises, établissements scolaires, administrations, collectifs citoyens ou professionnels. Le porteur doit appartenir à l’un des établissements ou organismes partenaires de TIRIS, mais les autres participants peuvent venir du terrain.

Deux formats sont prévus. Le premier sert à faire émerger ou démarrer une collaboration, avec 5 à 8 projets financés jusqu’à 10 000 euros chacun. Le second s’adresse à des équipes déjà constituées, avec 2 à 3 projets de consolidation pouvant aller jusqu’à 50 000 euros. Les sujets doivent s’inscrire dans les grands axes de TIRIS : santé et bien-être, changements globaux, transitions durables.

Pour un acteur local, le point important est là : il ne s’agit pas d’un guichet où une association déposerait seule un dossier comme pour une subvention classique. La bonne porte d’entrée passe par un partenaire académique, ou par une discussion déjà engagée avec une équipe de recherche. Une association qui voit remonter un problème de santé, d’alimentation, de logement, de climat urbain ou d’accès aux services peut donc y trouver une occasion, à condition de ne pas découvrir l’appel trop tard.

Le printemps universitaire toulousain ne s’arrête pas à cette première échéance. Jusqu’au 29 mai, TIRIS ouvre aussi son quatrième appel aux Modules Interdisciplinaires, nouveau nom des anciens Minor Programs. Cette fois, le public visé est celui des équipes pédagogiques. L’objectif est de créer des certificats complémentaires aux diplômes classiques, accessibles aux étudiants de licence, master ou doctorat. Chaque module certifiant représente 3 crédits européens, soit environ 80 heures de travail étudiant, et l’aide peut atteindre 50 000 euros sur cinq ans.

Là encore, les thèmes attendus parlent au-delà des amphithéâtres : transition écologique et habitat, santé, One Health, numérique, industrie, connaissances et apprentissages. Ces modules disent quelque chose de concret : les formations se construisent de plus en plus à la frontière des disciplines, parce que les métiers et les problèmes locaux y sont déjà.

Un troisième appel regarde plus loin. L’appel à manifestation d’intérêt TIRIS Summer School 2027, publié le 20 avril, est ouvert jusqu’au 15 septembre 2026. Il doit désigner l’équipe scientifique qui portera une école d’été interdisciplinaire en 2027, d’une à trois semaines, pour des étudiants au moins au niveau master. Le thème devra relever de la santé et du bien-être ou des filières agricoles et agroalimentaires.

Mis bout à bout, ces trois appels ne font pas un grand récit institutionnel. Ils dessinent plutôt trois portes assez nettes. Les chercheurs qui travaillent déjà avec des acteurs locaux ont jusqu’au 6 mai pour tenter une co-recherche. Les équipes pédagogiques ont jusqu’au 29 mai pour proposer un module interdisciplinaire. Les équipes capables de porter une école d’été internationale ont jusqu’au 15 septembre pour préparer 2027.

La question, pour beaucoup d’acteurs de Haute-Garonne, sera surtout de savoir à qui parler. Un problème local peut devenir un sujet de recherche, une formation ou une école d’été. Mais il lui faut le bon partenaire, le bon calendrier et un dossier déposé à temps.