Ligne C et ligne Aéroport, le chantier toulousain passe un vrai cap
Le point utile, ce n’est pas la mise en scène des tunneliers. C’est que le chantier commence à ressembler à un réseau en fabrication. Mi-avril, Tisséo indiquait que près de 13 km de tunnel avaient été creusés sur les 22 km prévus pour la ligne C, soit environ 60 % du linéaire souterrain. Dans le même mouvement, le tunnelier Berthe de Puybusque a achevé 2,5 km entre La Vache Gare et Ponts-Jumeaux, et la liaison de 430 mètres entre le garage atelier de Sept-Deniers et la ligne a été réalisée. Ce n’est plus seulement du terrassement et des promesses. Des morceaux du futur métro commencent à se raccorder entre eux.
Cela renforce la crédibilité du calendrier, sans l’enfermer. La mise en service reste annoncée pour fin 2028, mais les étapes qui décident vraiment d’une ouverture restent devant : équipements, alimentation électrique, signalisation, essais et marche à blanc. Au sud-est, le grand viaduc entre Aerospace Campus et Labège Gare a justement quitté la phase de gros œuvre pour entrer dans celle des rails et des systèmes. C’est un jalon solide, pas un ticket de sortie. Dans les grands projets de transport, on peut avoir beaucoup creusé et encore jouer gros sur la fin.
La ligne Aéroport, elle, ne doit pas rester coincée dans le rôle de petite annexe chic. Tisséo la donne toujours pour septembre 2026. Elle utilisera l’infrastructure actuelle du tram T2, avec une fréquence portée à une rame toutes les 5 minutes, une liaison en moins de 6 minutes entre Blagnac et l’aéroport, et six des neuf nouvelles rames commandées par Tisséo dans le marché attribué à Alstom. C’est important pour les voyageurs, évidemment, mais aussi pour l’ouest toulousain, Purpan, la zone aéroportuaire et les correspondances futures avec la ligne C à Blagnac. Là aussi, le sujet n’est pas seulement la vitrine aéroport. C’est la manière dont tout un morceau de l’agglomération doit être mieux branché au reste du réseau.
Le fond du dossier est là. La ligne C, c’est 27 km, 21 stations, 5 gares connectées au train, 4 parcs-relais et 200 000 voyageurs attendus par jour. Tisséo affirme aussi que la ligne C et le nouveau réseau qui l’accompagnera doivent absorber la moitié des 500 000 déplacements quotidiens supplémentaires attendus d’ici 2030 dans l’agglomération. Le chantier sert donc de test grandeur nature pour une promesse simple : permettre à Toulouse de continuer à grandir sans laisser la circulation sature encore plus les liaisons entre Colomiers, le nord toulousain, Matabiau, Montaudran et Labège. C’est là que le dossier dépasse de loin le feuilleton des tunneliers.
Rien de tout cela n’efface le présent des riverains. À François-Verdier, l’activité autour du tunnelier Marie-Thérèse doit rester en continu jusqu’en mai 2026. Boulevard Lazare-Carnot, des travaux ont encore été menés pour maintenir le réseau Tisséo pendant les différentes phases du chantier. Et l’accès ouest de la station François-Verdier sur la ligne B reste fermé pendant toute la durée des travaux. C’est le vrai état du projet aujourd’hui en Haute-Garonne : une machine qui avance nettement, mais qui continue de prendre de la place, du temps et de la patience.