
À partir du 12 novembre, une ruine de 2 000 m² va occuper la grande nef du Capc, à Bordeaux. Elle sera entièrement fabriquée en carton et en ruban adhésif. Pendant deux mois, quatorze élèves comédiens viendront y suivre leurs cours et jouer devant les visiteurs du musée.
L’installation est imaginée par le plasticien suisse Thomas Hirschhorn. La metteuse en scène Fanny de Chaillé, directrice du Théâtre national Bordeaux Aquitaine (tnba), y installe les élèves de son école pour Quoi qu’il en soit, un projet qui se poursuivra jusqu’au 10 janvier 2027.
Une école dont les cours deviennent publics
Ces quatorze élèves forment la promotion 2025-2028 de l’école du tnba. Ils suivent un cursus professionnel de trois ans, avec des enseignements de théâtre, de chant, de danse et de travail corporel. À partir du 12 novembre, une partie de cette formation se déroulera donc au musée, sous le regard du public.
Dans un théâtre, le spectateur découvre généralement le résultat de semaines de travail. Au Capc, il pourra aussi assister à certains cours, voir les exercices et découvrir comment ces jeunes comédiens apprennent leur métier. L’apprentissage, habituellement à l’écart du public, fera partie de la visite.
Une pièce inédite, écrite et mise en scène par Fanny de Chaillé à partir de manifestes d’artistes, sera également jouée chaque jour d’ouverture. Ces textes, dans lesquels des créateurs affirment leurs idées et leurs ambitions, serviront de matière à un travail sur la parole collective.
Les visiteurs ne seront pas forcément cantonnés au rôle de spectateurs. Certains cours accueilleront leur participation. Familles, associations, groupes scolaires et visiteurs individuels sont aussi invités à proposer des rencontres ou des interventions. Les modalités précises de participation n’ont toutefois pas encore été publiées.
Dans les ruines, une vieille histoire bordelaise
Le décor n’est pas un simple accessoire théâtral. Thomas Hirschhorn construit depuis plusieurs années des architectures de destruction avec des matériaux ordinaires. Ses ruines de carton évoquent des bâtiments effondrés, des espaces fracturés, des mondes précaires.
À Bordeaux, cette architecture artificielle accueillera chaque jour une école en plein travail. Les élèves ne viendront pas uniquement jouer dans une œuvre, mais y poursuivre leur formation.
Dans les années 1970 et 1980, l’Entrepôt Lainé accueillait déjà des activités du festival SIGMA, qui faisait se rencontrer théâtre expérimental, musique, cinéma et arts plastiques. Son centre d’information a même occupé des espaces du bâtiment jusqu’en 1989.
Avec Quoi qu’il en soit, les arts plastiques et le théâtre se retrouvent au Capc, cette fois pendant près de deux mois de travail partagé avec les visiteurs.
Un seul billet pour revenir pendant deux mois
Cette durée change aussi la manière de visiter. Le Capc propose un billet donnant accès au projet autant de fois que souhaité jusqu’au 10 janvier. Il faudra conserver son entrée pour revenir. Les conditions de visite et la formule de billet illimité sont présentées sur la page officielle du projet.
L’inauguration du jeudi 12 novembre sera gratuite, de 11 h à 23 h. Une conversation avec les artistes est prévue de 18 h 30 à 19 h 30, avant une soirée musicale confiée au Café Pompier. Le Capc, situé au 7, rue Ferrère, ouvre normalement du mardi au dimanche, de 11 h à 18 h.
L’intérêt du billet illimité tient justement à ce qu’une seule visite ne suffira pas forcément. On pourra découvrir les élèves au début du projet, puis revenir quelques semaines plus tard, dans la même ruine de carton, les retrouver au travail.
Sources consultées
- Capc, musée d'art contemporain de Bordeaux« Quoi qu'il en soit » – Fanny de Chaillé et Thomas Hirschhorn
- Théâtre national Bordeaux AquitaineFormation supérieure
- Théâtre national Bordeaux AquitaineQuoi qu'il en soit
- Capc, musée d'art contemporain de BordeauxL'histoire du Capc
- Capc, musée d'art contemporain de Bordeaux« Quoi qu'il en soit » – Inauguration