
À l’université Bordeaux Montaigne, la reprise des cours était prévue lundi 2 novembre à partir de 14 heures. À 14 h 30, une assemblée générale votait un nouveau blocage, immédiatement suivi de l’occupation du bâtiment Rosa Bonheur, selon la présidence. Plusieurs bâtiments du campus de Pessac resteront fermés jusqu’au samedi 7 novembre inclus.
Cette nouvelle réouverture manquée ne fait pas l’unanimité parmi les militants. Certains, pourtant favorables aux revendications étudiantes, contestent désormais l’efficacité des blocages.
Une présidence favorable aux revendications, opposée aux blocages
Alexandre Péraud, président de Bordeaux Montaigne, ne conteste pas le fond de la mobilisation. Avec 79 autres responsables d’établissements, il a signé le manifeste de France Universités réclamant notamment une revalorisation des bourses et des moyens supplémentaires pour l’enseignement supérieur.
Pour permettre aux cours et à la contestation de coexister, la présidence avait proposé des amphithéâtres pour les discussions et une demi-journée hebdomadaire consacrée à l’avenir des universités. Elle avait également demandé aux enseignants de ne pas programmer de contrôles pendant les journées de mobilisation nationale.
Ces propositions n’ont pas empêché le nouveau blocage. La présidence affirme que des sorties entravées et des ascenseurs condamnés ne permettent plus de garantir la sécurité des occupants, particulièrement celle des personnes handicapées. Elle a donc décidé la fermeture administrative des bâtiments concernés, où les enseignements en présentiel sont suspendus.
C’est la deuxième réouverture manquée en trois semaines. À chaque tentative, l’université a fini par refermer des bâtiments.
Même parmi les militants, le blocage ne fait pas l’unanimité
Selon Révolution Permanente, environ 400 personnes, principalement des étudiants mais aussi des enseignants et personnels, ont participé à l’assemblée générale du 2 novembre. Le blocage a été adopté à la majorité.
Mais les militants du Poing Levé ont défendu une autre stratégie : exiger la réouverture du campus plutôt que reconduire des blocages auxquels la présidence répond systématiquement par des fermetures.
Leur proposition ne consistait pas à reprendre simplement les cours. Ils réclamaient également des journées libérées de cours et d’examens afin de permettre aux étudiants de participer à la mobilisation. Dans le département d’histoire, des reports de contrôles avaient déjà été obtenus, selon leur compte rendu.
Le désaccord porte donc moins sur les revendications que sur la manière de mener la mobilisation. Pour ces militants, un campus ouvert permettrait de réunir davantage d’étudiants et d’organiser la contestation. Les partisans du blocage, majoritaires lors du vote, ont choisi de maintenir cette forme de pression.
Des cours à distance, des examens encore incertains
Les interruptions de cours se prolongent. La présidence alerte particulièrement sur les étudiants de première année de licence et de master, qui commencent leur cursus sans avoir pu trouver durablement leurs repères. Des activités de soutien ont été mises en place, mais elles ne remplacent pas les cours.
Le problème touche aussi les évaluations. Le 23 octobre, l’université indiquait avoir saisi le ministère pour obtenir des précisions sur les règles applicables et préparait une adaptation des modalités de contrôle des connaissances. Aucune nouvelle règle générale n’a été annoncée dans sa communication du 3 novembre.
Pour l’instant, Rosa Bonheur, Flora Tristan, les bâtiments modulaires, l’amphithéâtre 700, ceux de la galerie et la bibliothèque Rigoberta Menchú restent fermés. Les enseignants sont invités à poursuivre leurs cours à distance lorsque c’est possible. D’autres espaces, dont les bibliothèques Lettres et Sciences humaines et Robert Étienne, demeurent accessibles.
À Pessac, la fermeture administrative court jusqu’au samedi 7 novembre. Pour les étudiants, la question est désormais de savoir si les cours pourront effectivement reprendre dans ces bâtiments le lundi 9.
Sources consultées
- Université Bordeaux MontaigneSituation de l'université - Campus Montaigne (Pessac)
- Révolution PermanenteBordeaux : les étudiants appellent à des AG interpros pour converger avec le mouvement ouvrier
- France UniversitésFaisons de la jeunesse une grande cause nationale !
- Université Bordeaux MontaigneFermeture temporaire de plusieurs bibliothèques de l'université