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Au Blayais, trois réacteurs passent l’examen des 40 ans

Selon EDF, la centrale du Blayais produit l’équivalent de la moitié des besoins électriques régionaux. Une enquête examine la sûreté de trois réacteurs jusqu’au 25 novembre.

Illustration - Centrale nucléaire du Blayais sur l'estuaire

À Braud-et-Saint-Louis, les rapports de sûreté de trois des quatre réacteurs de la centrale nucléaire du Blayais sont soumis à enquête publique jusqu’au 25 novembre. Ensemble, ils représentent 2 700 MW, soit les trois quarts de la puissance du site. EDF doit démontrer que ces installations peuvent continuer à fonctionner après quatre décennies d’exploitation, avec des exigences de sûreté renforcées.

La centrale occupe une place considérable dans l’économie girondine et la production électrique régionale. En 2025, ses quatre réacteurs ont produit 23 térawattheures d’électricité, un volume équivalent à environ la moitié des besoins annuels de Nouvelle-Aquitaine selon EDF. Sur le site travaillent 2 196 salariés d’EDF et d’entreprises partenaires. Les contrats de maintenance confiés à des entreprises locales ont représenté 71 millions d’euros l’an dernier.

Maintenir cette production suppose de contrôler l’état des installations et de renforcer leur sûreté au fil des décennies.

Quarante ans, et un nouveau niveau d’exigence

En France, les réacteurs nucléaires ne disposent pas d’une autorisation qui expire automatiquement après 40 ans. Tous les dix ans, EDF doit cependant procéder à un réexamen approfondi. Le quatrième est particulièrement exigeant : il faut vérifier le vieillissement des équipements et leur conformité, mais aussi améliorer leur sûreté en tenant compte des connaissances acquises depuis leur construction.

Le programme concerne les 32 réacteurs français de 900 MW. Les améliorations communes sont définies à l’échelle nationale, puis adaptées aux caractéristiques de chaque installation, notamment son environnement et ses risques particuliers.

Au Blayais, une première série de travaux a été réalisée entre 2023 et 2025 sur les réacteurs 2, 3 et 4. Elle comprend des moyens supplémentaires d’alimentation électrique et de refroidissement, destinés notamment à faire face à des situations extrêmes. EDF poursuit une seconde phase de renforcement des dispositifs de secours. La protection périphérique contre les inondations externes, particulièrement importante pour cette centrale installée sur l’estuaire de la Gironde, a été achevée en 2025.

Ces améliorations doivent elles-mêmes être contrôlées. Le 18 septembre, EDF a ainsi déclaré à l’Autorité de sûreté nucléaire et de radioprotection (ASNR) un écart de conformité concernant le récupérateur de corium, un équipement destiné à contenir les matières issues d’une fusion du cœur lors d’un accident grave. Selon l’exploitant, l’étanchéité des joints des parois au-delà de 2,10 mètres n’est pas suffisamment garantie pour exclure une infiltration d’eau en cas d’accident grave. L’écart, classé au niveau 0 de l’échelle INES, concerne plusieurs centrales françaises, dont les quatre réacteurs du Blayais. EDF étudie les mesures correctives.

Ce que les habitants peuvent examiner

L’enquête publique porte sur les rapports établis par EDF à l’issue du quatrième réexamen des réacteurs 2, 3 et 4. Chaque dossier comprend six documents présentant notamment les conclusions techniques, les améliorations proposées et les effets environnementaux associés à dix années supplémentaires d’exploitation.

Les observations peuvent porter sur ces dossiers techniques : mesures de sûreté, risques propres au site, engagements de l’exploitant ou conséquences environnementales. La commission d’enquête recueille les contributions et établit ses conclusions. L’ASNR doit ensuite en tenir compte dans son analyse des rapports et dans les éventuelles prescriptions supplémentaires imposées à EDF. Le public participe ainsi à l’examen des conditions d’exploitation, sans décider par un vote de l’avenir de la centrale.

Les dossiers sont consultables dans les mairies de Braud-et-Saint-Louis, Anglade, Saint-Androny, Saint-Ciers-sur-Gironde et Saint-Estèphe. Les prochaines permanences sans rendez-vous se tiendront le 2 novembre à Saint-Ciers-sur-Gironde (13 h 30 à 16 h 30), les 4 et 6 novembre à Anglade (14 h à 17 h) et le 5 novembre à Saint-Estèphe (9 h à 12 h). D’autres permanences sont prévues ensuite.

Il est également possible de déposer une observation sur le registre officiel de l’enquête publique, y compris anonymement, jusqu’au 25 novembre à 23 h 59.

Après cette consultation, l’ASNR poursuivra l’examen des rapports et pourra imposer de nouvelles mesures à EDF pour encadrer le fonctionnement des réacteurs 2, 3 et 4 du Blayais.

Sources consultées
  1. EDF, centrale nucléaire du BlayaisLa centrale nucléaire du Blayais
  2. EDF, centrale nucléaire du BlayaisUne enquête publique portant sur les rapports du quatrième réexamen périodique des réacteurs n° 2, 3 et 4
  3. Autorité de sûreté nucléaire et de radioprotectionRéexamens périodiques pour les centrales nucléaires
  4. EDFDéclaration d’un événement significatif de sûreté générique relatif à un écart de conformité d’une modification sur certains réacteurs du palier 900 MWe
  5. Registre dématérialisé de l'enquête publiqueDocuments de présentation des trois enquêtes conjointes
  6. Registre dématérialisé de l'enquête publiqueDéroulement