
Park Bench annonce 10,6 millions d’euros pour financer la saison des Girondins de Bordeaux. Mais un jugement du tribunal de commerce avait déjà décrit, le 25 août, le versement sous séquestre d’une somme exactement identique. Ce premier financement était conditionné à la participation du club au National 1, condition qui n’a pas été remplie. Les deux annonces ne peuvent donc être assimilées sans explication.
L’accord de cession annoncé le 30 septembre, pour un euro symbolique avec reprise des dettes, est désormais effectif. Park Bench a acquis la totalité des titres de La Dynamie, la holding qui détient 99,99 % du FC Girondins de Bordeaux. Le cabinet August Debouzy, qui conseillait le club et Gérard Lopez dans l’opération, a détaillé les engagements financiers associés le 24 octobre.
Le jugement du 25 août permet de comprendre l’origine du premier financement. FF Lux, véhicule lié à Sparta Capital, avait prêté 10,6 millions d’euros à JB Dynamie, société mère de La Dynamie. L’argent avait été versé le 31 juillet sur un compte séquestre de la Caisse des dépôts et consignations, au bénéfice du club.
Sa libération dépendait de l’enregistrement des Girondins en National 1 par la Fédération française de football. Le tribunal administratif de Paris a rejeté le 21 août le référé-suspension du club, sans se prononcer sur le fond du recours. Les Girondins évoluent finalement en Régional 1. Le jugement commercial prévoyait qu’en l’absence de réintégration en National 1, le protocole serait résolu et les fonds ne seraient pas libérés dans le cadre de ce montage.
Le même jugement mentionnait un financement complémentaire de 10 millions de dollars sur un compte JP Morgan, que Park Bench envisageait de mettre à disposition après la reprise. Le communiqué d’octobre annonce désormais un financement immédiat de 10,6 millions d’euros par Park Bench et ses sociétés affiliées, mais ne précise pas s’il s’agit de fonds nouveaux ou d’une réorganisation des financements précédents.
La reprise s’accompagne aussi d’une modification du plan de continuation. Adopté en juin 2025 pour dix années de remboursement, jusqu’en juin 2035, il serait désormais prolongé jusqu’en 2038. Les créanciers financiers historiques seraient subordonnés, tandis qu’une clause de retour à meilleure fortune permettrait aux créanciers publics, aux collectivités, aux fournisseurs et aux créanciers sportifs de récupérer des sommes supplémentaires si la situation du club s’améliorait. Park Bench reprendrait également l’obligation d’exécuter le plan à la place de l’ancien actionnaire.
Selon Aqui.Media, le projet ramènerait le passif restant d’environ 26 à 14,5 millions d’euros. Pour Bordeaux Métropole, le média estime à environ 281 000 euros la somme récupérable sur les loyers impayés. Ces montants correspondent au projet présenté aux créanciers, pas à un plan déjà homologué. Le vote des classes de parties affectées, ouvert le 26 octobre, doit se terminer le 2 novembre à 23 h 59. Chaque classe doit réunir une majorité des deux tiers des voix exprimées. Selon Aqui.Media, une audience devant le tribunal de commerce est annoncée le 3 novembre.
Le jugement du 24 juin 2025 recensait une créance déclarée de 19,7 millions d’euros pour Bordeaux Métropole, composée en grande majorité de redevances liées à l’exploitation du stade. Depuis le 1er août 2025, la collectivité exploite directement le Stade Atlantique, une enceinte de 42 115 places utilisée par les Girondins, mais aussi pour le rugby et les concerts. Elle en assure désormais la gestion technique et logistique.
La convention d’occupation adoptée pour 2026-2027 chiffre à 1 013 916 euros hors taxes la redevance annuelle initiale due par les Girondins, sur la base de quinze rencontres. Le montant doit être régularisé en fonction de l’utilisation réelle du stade et des recettes du club.
Le contrat prévoit aussi une protection pour la collectivité : le FCGB doit fournir une lettre d’intention de son actionnaire majoritaire, assortie d’une obligation de résultat, garantissant le paiement du solde annuel de la redevance. En cas de changement d’actionnaire majoritaire du FCGB, cette lettre devient caduque et une nouvelle doit être transmise dans les trente jours suivant la cession.
Park Bench a pris le contrôle de La Dynamie, mais celle-ci reste l’actionnaire direct du FCGB. La convention vise le changement d’actionnaire majoritaire du club lui-même et ne précise pas si une prise de contrôle indirecte déclenche la même obligation. Les documents publics ne disent pas si la Métropole a déjà reçu une nouvelle lettre.
La convention donne trente jours pour remplacer la lettre après un changement d’actionnaire majoritaire. Reste à savoir si le rachat de La Dynamie déclenche ce délai pour le Stade Atlantique.
Sources consultées
- Tribunal de commerce de BordeauxJugement du 25 août 2026, n° 2026F01607, homologation d'un protocole de conciliation
- August Debouzy, via Le Monde du DroitAugust Debouzy accompagne les Girondins de Bordeaux
- Tribunal administratif de ParisLe juge des référés confirme la relégation du club de football des Girondins de Bordeaux
- Bordeaux MétropoleConvention d'occupation et de mise à disposition du Stade Atlantique Bordeaux Métropole, saison 2026-2027
- Bulletin officiel des annonces légales obligatoiresAvis des administrateurs judiciaires aux parties affectées, 16 octobre 2026, affaire 2603907
- Aqui.MediaGirondins de Bordeaux : des précisions sur la reprise par Park Bench