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À Bordeaux, la musique se ressent aussi dans le dos

L’Opéra de Bordeaux annonce deux spectacles avec des gilets vibrants pour les spectateurs sourds ou malentendants. Pour la première séance, le matériel est prêté par Limoges.

Illustration - gilet vibrant et partition musicale

Au Grand-Théâtre de Bordeaux, un gilet vibrant peut faire ressentir physiquement une partie de la musique. Ce jeudi 8 octobre, l’Opéra national de Bordeaux a programmé une première séance avec ces appareils, à l’occasion d’une soirée de ballet consacrée à Roland Petit. Destinés aux spectateurs sourds ou malentendants, ils convertissent certains sons en sensations physiques. Pour ce rendez-vous, l’établissement annonçait un prêt gratuit de l’Opéra de Limoges.

Le principe consiste à transmettre au corps des vibrations synchronisées avec la musique. Une pulsation rythmique, un changement d’intensité ou un passage particulièrement grave peuvent devenir perceptibles autrement que par l’oreille. Dans un ballet, ces sensations peuvent compléter ce que le spectateur voit déjà : les gestes des danseurs, leurs accélérations, leurs arrêts, leur dialogue avec l’orchestre.

La technologie n’a rien d’une invention bordelaise. À Limoges, les gilets Subpac sont utilisés depuis plusieurs saisons. Ils convertissent surtout les basses fréquences en vibrations, sans restituer toute la palette sonore d’un orchestre, notamment les aigus. Les boucles magnétiques et les casques d’amplification, eux, cherchent à mieux transmettre le son.

Ressentir la musique, cela s’apprend aussi

Des chercheurs de l’Université de Lille ont étudié l’utilisation de gilets Subpac lors de concerts de musiques amplifiées, à Lille et à Esch-sur-Alzette, au Luxembourg. Leur rapport, publié en 2025, décrit des expériences sensorielles inédites, mais constate également qu’apprendre à interpréter les vibrations demande du temps. Elles ne restituent pas toute la richesse d’une œuvre musicale.

L’étude souligne aussi l’importance d’un accompagnement adapté pour apprendre à décoder ces sensations. À Bordeaux, l’Opéra propose par ailleurs, deux heures avant chaque spectacle concerné, une visite du Grand-Théâtre en langue des signes française (LSF), consacrée à l’histoire et à l’architecture du bâtiment.

Le prêt annoncé pour octobre permet ainsi à Bordeaux de tester, dans sa propre programmation, un équipement spécialisé déjà utilisé par un autre opéra de Nouvelle-Aquitaine.

Après le ballet, l’opéra

Une seconde séance est annoncée le vendredi 16 avril 2027 à 20 heures, cette fois pour Macbeth de Verdi. Les spectateurs peuvent réserver la représentation sur la billetterie officielle, ainsi que la visite en LSF prévue à 18 heures.

Pour connaître les modalités de prêt des gilets, l’Opéra renvoie vers Noémie Dolo, chargée de médiation culturelle, au 06 16 12 81 36 ou à n.dolo@onb.fr.

Avec Macbeth, l’expérience bordelaise passera du ballet à l’opéra chanté, où les voix occupent le premier plan et dont les nuances sont plus difficiles à restituer par les seules vibrations.

Sources consultées
  1. Opéra national de BordeauxPrêt de gilets vibrants
  2. Opéra national de BordeauxMédiation, éducation et inclusion
  3. Opéra de LimogesAccessibilité
  4. Université de Lille, laboratoire GERiiCORapport d'enquête du projet MUSIMITEX
  5. Opéra national de BordeauxMacbeth, Verdi | Kahan