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Sécheresse : les Côtiers Est du Bassin d’Arcachon passent en crise, mais pas l’eau du robinet

Depuis le 30 septembre, certains usages et prélèvements d’eau sont au niveau maximal de restriction sur les Côtiers Est du Bassin d’Arcachon, sans restriction sur le réseau potable.

Illustration - sécheresse sur le Bassin d’Arcachon

Depuis le 30 septembre, les Côtiers Est du Bassin d’Arcachon sont au niveau « crise », le plus élevé de l’échelle sécheresse. Pour les ressources concernées, les prélèvements agricoles sont interdits. L’arrosage des pelouses, jardins d’agrément, espaces verts et terrains de sport l’est aussi, comme le remplissage des piscines et le lavage des véhicules. Les potagers ne peuvent être arrosés qu’avant 8 h ou après 20 h.

Deux semaines plus tôt, cette zone était encore en alerte renforcée. Son passage en crise intervient après un mois de septembre dont les cumuls de pluie ont été, selon la préfecture, les plus faibles observés pour ce mois depuis 1977, avec des températures maximales toujours très élevées pour la saison. La Dronne aval suit le mouvement dans une moindre mesure : revenue en vigilance mi-septembre, elle repasse désormais en alerte.

Ce classement ne signifie pourtant pas que l’eau manque au robinet autour du Bassin. La préfecture précise qu’aucune restriction n’est déclenchée sur les usages issus du réseau d’alimentation en eau potable. Les irrigations provenant d’autres ressources, hors du champ des arrêtés sécheresse, ne sont pas concernées non plus. Autrement dit, le niveau dépend à la fois du lieu et de l’origine de l’eau utilisée.

97 % de l’eau potable girondine provient de nappes souterraines profondes. Elles alimentent un système bien différent des petits cours d’eau dont les débits chutent rapidement pendant l’étiage. La préfecture les décrit comme peu sensibles à cet étiage, ce qui donne au réseau potable davantage d’inertie face à une fin d’été sèche.

Mais cette protection immédiate n’équivaut pas à une réserve sans limite. Le Département estime à environ 130 millions de mètres cubes par an les prélèvements destinés à l’alimentation en eau potable et souligne le caractère peu renouvelable de certaines nappes profondes. Certaines ont déjà été identifiées comme surexploitées. La gestion girondine de l’eau fonctionne donc sur deux rythmes : sauver rapidement les débits des rivières lorsque l’étiage devient sévère, tout en ménageant sur la durée les nappes qui sécurisent l’eau potable.

C’est aussi pourquoi la carte des restrictions ressemble peu à une carte administrative. La Gironde est découpée en 32 zones d’alerte hydrologiques, chacune suivie par une station de référence. Une commune peut être concernée par une règle liée à un bassin versant tandis que l’eau distribuée par son réseau provient d’une autre ressource. Pour savoir ce qui s’applique à un prélèvement ou à une adresse précise, la préfecture renvoie à la vérification par adresse sur VigiEau.

Le passage en crise des Côtiers Est n’annonce donc pas des robinets à sec. Il marque quelque chose de plus localisé et de plus précis : après un septembre exceptionnellement sec, le niveau « crise » impose désormais l’arrêt ou la forte restriction des usages non prioritaires concernés dans cette partie du Bassin.

Sources consultées
  1. Préfecture de la GirondeSécheresse : renforcement des mesures de restrictions des usages de l’eau en Gironde
  2. Préfecture de la GirondeArrêté préfectoral du 30/09/26 réglementant temporairement les prélèvements et les usages de l’eau
  3. Préfecture de la GirondeSécheresse : adaptation des mesures de restrictions des usages de l’eau en Gironde
  4. Département de la GirondeDécrypter l’eau