
Thales a inauguré le 24 septembre à Mérignac son premier « Flight Safety Center ». Malgré son nom imposant, le dispositif tient dans une salle équipée d’une douzaine de panneaux, d’écrans et d’autres supports pédagogiques. Le parcours dure de 30 à 60 minutes et doit accueillir environ 800 salariés par an.
Le parcours n’est pas centré sur une procédure de certification ou un métier particulier. Il vise à rendre visible ce qui accompagne déjà les processus, les contrôles et les technologies de l’aéronautique : une culture commune du risque, nourrie par les retours d’expérience et partagée de la conception à la maintenance.
Cette transmission devient plus difficile. Yannick Assouad, directrice générale adjointe des activités avioniques de Thales, estime que le renouvellement des effectifs tend à diluer une culture longtemps acquise au contact de salariés expérimentés. Guillaume Guitard, directeur des essais en vol, pointe aussi la montée des cadences de production. À ces évolutions s’ajoutent des systèmes plus connectés, davantage d’automatisation et de nouvelles contraintes de cybersécurité.
À Mérignac, le dispositif est installé au cœur d’un campus d’environ 2 700 salariés consacré notamment à l’avionique civile et militaire, c’est-à-dire aux équipements embarqués liés entre autres à la navigation, aux communications, au pilotage ou à la surveillance. Le parcours s’adresse à des métiers différents, pas à un seul cercle de spécialistes.
Thales veut ensuite reproduire le concept sur plusieurs implantations. L’objectif affiché est d’étendre ce type de sensibilisation aux 21 000 salariés de ses activités aéronautiques civiles et militaires dans le monde. Le centre bordelais est donc moins un grand équipement qu’un premier format appelé à être dupliqué.
Son intérêt est là : tenter de rendre plus systématique la transmission d’un savoir professionnel qui ne tient pas seulement dans des procédures écrites. Le groupe ne publie pas encore d’indicateur permettant de mesurer l’effet de cette sensibilisation. À Mérignac, le dispositif entre maintenant dans sa phase d’usage, à raison d’environ 800 salariés par an.