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Pauillac, Bordeaux, Bassens : quatre branchements électriques à quai

Le Port de Bordeaux lance un marché de 19 M€ pour quatre branchements électriques à Pauillac, Bordeaux et Bassens, afin de préparer ses terminaux aux règles européennes de 2030.

Illustration - Navire branché au quai

Le Grand Port Maritime de Bordeaux ouvre un marché estimé à 19 millions d’euros hors taxes pour électrifier quatre postes à quai à Pauillac, Bordeaux et Bassens. La consultation couvre la conception puis la réalisation des installations, du poste de livraison électrique jusqu’au point où le navire viendra se brancher. Les candidatures sont attendues jusqu’au 2 novembre 2026 et le marché doit courir sur 36 mois : aucun chantier n’est encore attribué.

Derrière l’image assez simple d’un navire que l’on « branche » se cache une infrastructure électrique de forte puissance. Le programme BENAQ prévoit des capacités de 12 MVA à Pauillac pour les paquebots, de 3 et 12 MVA à Bordeaux centre, également pour la croisière, et de 5 MVA à Bassens pour les porte-conteneurs et les navires rouliers. Les MVA donnent ici l’ordre de grandeur de la capacité électrique prévue : entre les deux postes bordelais, le dimensionnement varie ainsi d’un facteur quatre.

Cette différence explique pourquoi l’électrification se déploie terminal par terminal. Un paquebot continue à faire fonctionner à quai ses équipements hôteliers, sa ventilation ou ses cuisines. Un porte-conteneurs conserve lui aussi des besoins électriques pendant les opérations portuaires. L’alimentation terrestre permet de couvrir ces usages sans faire tourner les groupes auxiliaires du navire.

Le programme complet est évalué à 20,743 millions d’euros. La Commission européenne lui a accordé 6,223 millions d’euros dans le cadre du mécanisme pour l’interconnexion en Europe. Les documents européens décrivent précisément les quatre installations. Bordeaux appartient au réseau central transeuropéen de transport et l’Union finance BENAQ.

L’échéance de 2030 accélère le mouvement, mais elle mérite d’être précisée. Le règlement européen AFIR ne demande pas indistinctement le même équipement à tous les ports : ses obligations dépendent notamment du nombre d’escales de porte-conteneurs et de navires à passagers sur les trois années précédentes. Le GPMB présente BENAQ comme sa préparation à ce nouveau cadre européen, plutôt que comme une obligation identique pesant déjà sur chacun de ses quais.

Le port estime que les quatre branchements permettraient d’éviter environ 4 250 tonnes d’équivalent CO2 par an. Il évalue la baisse des émissions pendant les escales à 85 % pour la croisière et 96 % pour les porte-conteneurs par rapport à une situation sans alimentation électrique à quai.

Le projet fait ainsi entrer les règles européennes de 2030 dans la mécanique quotidienne de l’estuaire : disposer, au bon quai et au bon moment, d’assez de puissance pour qu’un navire puisse couper ses propres générateurs. Après la sélection des candidats, l’attribution du marché devra fixer le prix final et le calendrier qui feront passer ces mégawatts du dossier aux quais de Pauillac, Bassens et Bordeaux.

Sources consultées
  1. Grand Port Maritime de Bordeaux / PLACEMarché de Conception Réalisation pour le Branchement Electrique des Navires A Quai (BENAQ) du GPMB
  2. Commission européenneOnshore Power Supply infrastructure Deployment at the TEN-T Core Port of Bordeaux
  3. Union européenneRèglement (UE) 2023/1804, article 9
  4. Grand Port Maritime de BordeauxProjet stratégique 2026-2030
  5. Grand Port Maritime de BordeauxRapport d’activité 2025