
Bordeaux Métropole fait désormais partie des 100 « territoires d’électrification » retenus par l’État. Derrière ce label, pas de nouvelle enveloppe automatiquement attribuée à la Métropole : le programme doit surtout réunir plusieurs politiques déjà engagées dans une même feuille de route, avec des objectifs chiffrés, des étapes annuelles et les aides existantes que chaque projet pourra mobiliser.
Bordeaux arrive avec une série de chiffres qui donnent la mesure du chantier. Environ 6 000 logements de la métropole sont encore chauffés au fioul. Les voitures électriques représentent 5 % du parc automobile, une proportion que la collectivité veut porter à 10 % d’ici 2030. Elle compte également environ 3 000 points de charge et vise, là encore, un doublement d’ici 2030. L’électrification de la flotte des transports urbains est déjà engagée.
Ces objectifs relèvent de politiques différentes, mais ils dépendent des mêmes infrastructures. Changer l’énergie consommée dans les logements et les transports oblige aussi à organiser les réseaux qui la fournissent.
Le chauffage en donne une bonne illustration. Bordeaux veut réduire l’usage du fioul et du gaz, mais toutes les solutions ne sollicitent pas le système électrique de la même manière. Les réseaux de chaleur métropolitains ont livré 218 GWh en 2024, dont 87 % issus d’énergies renouvelables ou de récupération, notamment la géothermie, la biomasse ou la chaleur récupérée. La Métropole prévoit de poursuivre leur développement. Une partie des besoins de chauffage peut donc être décarbonée collectivement, sans convertir chaque bâtiment en consommateur électrique supplémentaire.
Pour les voitures, doubler le nombre de points de charge ne consiste pas seulement à installer davantage de bornes. Leur emplacement, la puissance disponible et la progression du nombre de véhicules doivent avancer ensemble. Bordeaux Métropole estime elle-même que la hausse des usages électriques nécessitera d’adapter son réseau de distribution et de développer davantage de production locale.
Le programme national doit justement relier ces chantiers. L’État et l’Ademe accompagneront les territoires retenus dans la préparation d’une feuille de route pluriannuelle précisant objectifs, jalons, moyens humains et soutiens attendus. Il s’agit aussi de faciliter l’accès à des dispositifs déjà existants plutôt que de créer une caisse séparée pour chaque lauréat.
C’est ce qui donne un intérêt au choix de Bordeaux : une grande partie des projets existait avant le label. Le changement attendu est dans leur assemblage et leur suivi. Chauffage des logements, recharge des voitures, transports publics, réseaux de chaleur et distribution électrique ne peuvent plus progresser chacun selon leur propre calendrier si l’usage de l’électricité augmente rapidement.
La feuille de route bordelaise détaillée et les soutiens financiers obtenus projet par projet ne sont pas encore publics. Ils diront ce que la sélection aura réellement débloqué. Pour l’instant, Bordeaux a surtout fixé les compteurs à surveiller : 6 000 logements encore au fioul, 5 % de voitures électriques et quelque 3 000 points de charge, trois nombres appelés à changer d’ici 2030.
Sources consultées
- Bordeaux Métropole« Territoires d'électrification » : Bordeaux Métropole lauréate
- Premier ministre / LégifranceInstruction relative aux 100 territoires d’électrification
- Banque des Territoires / LocaltisProgramme « 100 territoires d’électrification » : une instruction détaille la marche à suivre pour candidater
- Bordeaux MétropoleLes réseaux de chaleur poursuivent leur déploiement