
L’État a désormais attribué à la Gironde 1 524 508 € pour soutenir la trésorerie des exploitations agricoles fragilisées par la sécheresse, les canicules et les incendies de l’été. L’enveloppe est réservée au département, mais elle n’est pas encore distribuable : les critères de ciblage doivent être définis avec la chambre d’agriculture et les organisations professionnelles.
Face à un même été difficile, l’État ne verse pas une aide unique. Il combine plusieurs circuits qui ne se déclenchent ni de la même manière ni au même moment.
L’aide de trésorerie girondine s’inscrit dans un fonds national de 235 M€, dont 37,36 M€ reviennent à la Nouvelle-Aquitaine. Une enveloppe supplémentaire de 4 M€ est prévue pour les exploitations touchées par les incendies, mais pour l’ensemble de la région, et non pour la seule Gironde. Ce soutien doit intervenir avant même que toutes les pertes puissent être définitivement calculées.
La taxe foncière agricole suit une autre voie. Un dégrèvement collectif de taxe foncière sur les propriétés non bâties, la TFNB, doit être calculé selon les pertes moyennes constatées par catégorie de production. Lorsque les terres sont louées, l’allègement bénéficie juridiquement au propriétaire, qui doit le répercuter sur l’exploitant par une réduction ou un remboursement du fermage. Ce mécanisme agricole est distinct de la taxe foncière 2026 après les incendies, déjà expliquée par La Clé Publique.
Pour les pertes de récolte elles-mêmes, l’indemnisation de solidarité nationale, l’ISN, obéit encore à une autre procédure. Les exploitants assurés passent par leur assureur, avec des acomptes pouvant atteindre 80 % du montant prévisionnel. Pour les non-assurés, les pertes doivent d’abord être reconnues par l’État. La première vague annoncée le 7 septembre concernait 18 départements, sans la Gironde. Les dossiers départementaux de reconnaissance concernant la Gironde doivent être transmis au ministère avant le 1er octobre.
À cela s’ajoute l’avance de 75 % des aides de la politique agricole commune annoncée pour le département. Trésorerie, fiscalité, avance de paiements et indemnisation répondent ainsi à des besoins différents et suivent leurs propres procédures.
Cette organisation permet d’agir sans attendre qu’un bilan complet de la campagne 2026 soit établi. Elle rend aussi les annonces moins immédiates qu’un montant global peut le laisser croire. En Gironde, il reste désormais à fixer les critères de répartition des 1 524 508 € et à obtenir la reconnaissance nécessaire pour ouvrir l’ISN aux exploitants non assurés concernés.
Sources consultées
- Préfecture de la GirondeDéploiement du Plan Climat Adaptation Sécheresse Incendie : plus de 37 millions d’euros attribués en Nouvelle-Aquitaine
- Ministère de l’Agriculture, de l’Agro-alimentaire et de la Souveraineté alimentairePlus d’1 milliard d’euros débloqués par le Gouvernement pour soutenir les agriculteurs et la continuité de la production à la suite de la sécheresse
- Ministère de l’Agriculture, de l’Agro-alimentaire et de la Souveraineté alimentaireCanicules/sécheresse : premières reconnaissances par l’État des pertes de récolte ouvrant la voie au versement de l’indemnisation de solidarité nationale
- Direction générale des Finances publiquesTFNB - Dégrèvements spéciaux en cas de pertes de récoltes