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Après le feu de Saumos, le Médoc prépare 195 km de réseau hydraulique

Cours d’eau, fossés forestiers, zones humides : après l’incendie, le sud du Médoc prépare déjà les pluies. Des travaux ont commencé sur 195 km de réseau avant l’hiver.

Crastes du Médoc après l’incendie

Dans les secteurs brûlés du sud du Médoc, les premiers travaux ont commencé dans les cours d’eau et les crastes. Le SIAEBVELG inspecte 195 km de ce réseau dans les secteurs touchés. Les diagnostics concernent aussi les zones humides de Lège-Cap-Ferret, Le Porge, Saumos, Lacanau et Le Temple afin d’identifier les interventions nécessaires avant l’hiver. Ses équipes et celles des communes dégagent déjà certains passages. Pour les chantiers de plus grande ampleur, des entreprises spécialisées ont été recrutées début septembre.

Les crastes sont des fossés de drainage forestier qui évacuent notamment les excès d’eau lorsque les sols se saturent en hiver. Elles font partie d’un système beaucoup plus vaste : le bassin versant des Lacs médocains couvre environ 1 000 km² et compte 1 400 km de cours d’eau et de fossés. Or ce réseau sort d’un été exceptionnellement sec. En août, la nappe des sables se trouvait entre 1,4 et 1,8 m sous la surface, son niveau le plus bas connu pour la saison, et l’essentiel des crastes était à sec depuis juin.

C’est précisément ce contraste qui rend l’automne délicat à gérer. Après l’incendie de Saumos de 2022, des mesures réalisées sur trois piézomètres ont été comparées à un modèle simulant ce qu’aurait été la nappe sans incendie. Au point P5bis, au cœur de la zone brûlée, l’écart maximal atteignait environ 46 cm le 15 octobre 2023. Le rapport attribue vraisemblablement une partie de cet écart à la disparition de la végétation et donc à la baisse de ses prélèvements d’eau, tout en soulignant des incertitudes importantes du modèle et du terrain. Ce chiffre décrit un site et un incendie passés : il ne prédit pas le niveau que prendra la nappe cet hiver.

Pour cet hiver, le syndicat prévoit des passages répétés afin de surveiller le réseau et d’intervenir rapidement si nécessaire. Il indique qu’après un feu, la nappe peut affleurer plus longtemps et que, sur des sols mis à nu, l’eau n’est plus retenue ni ralentie par la végétation, ce qui accélère son transfert vers l’aval. Certains secteurs déjà connus pour s’engorger doivent faire l’objet de travaux afin de mieux répartir les eaux. La préfecture indique que les syndicats de bassin travaillent aussi avec le BRGM et l’Agence de l’eau Adour-Garonne sur des travaux destinés à limiter les effets des remontées de nappe dans les zones incendiées.

En parallèle, un survol LiDAR doit fournir une topographie précise des zones brûlées, des diagnostics sont menés dans les zones humides et un suivi de la qualité de l’eau est préparé pour observer notamment les transferts de nutriments lors de la remise en eau. Après les contrôles du réseau d’eau potable au Porge, c’est désormais le fonctionnement du bassin versant qui est suivi.

Le coût global et la carte détaillée des chantiers prioritaires n’ont pas encore été publiés. La première étape est déjà engagée : dégager les passages nécessaires, repérer les secteurs qui nécessitent des travaux de plus grande ampleur et continuer à les surveiller lorsque les pluies remettront en eau les crastes de Saumos, du Porge et de Lacanau.

Sources consultées
  1. SIAEBVELG - Lacs MédocainsLes diagnostics et premières études post incendies déjà lancées au SIAEBVELG
  2. SIAEBVELG - Lacs MédocainsLes travaux d'urgence post incendies ont commencé sur les milieux aquatiques
  3. SIAEBVELG - Lacs MédocainsRelevé mensuel des niveaux d'eau août 2026
  4. ENSEGID / SIAEBVELGProjet de fin d’études : Incendie des Landes du Médoc
  5. Préfecture de la GirondeIncendie de Saumos : l’État pleinement mobilisé pour accompagner la reconstruction du territoire