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À Bassens, un méthaniseur au plus près des déchets

En service depuis janvier, l’usine de Bassens peut traiter 25 000 tonnes de matières organiques par an, près du port, de la métropole et du réseau gazier.

Illustration - méthaniseur du port de Bordeaux

Le ruban a été coupé le 8 septembre, mais l’usine tourne depuis janvier. Entre Bassens et Ambarès-et-Lagrave, CVE exploite désormais une unité de méthanisation capable de traiter jusqu’à 25 000 tonnes de matières organiques par an, au cœur de la zone industrialo-portuaire de Bordeaux.

La méthanisation n’a rien de nouveau en France. L’intérêt du site girondin tient davantage à sa géographie : le méthaniseur a été installé près de ceux qui produisent les déchets, du réseau qui recevra le gaz et des terres agricoles susceptibles d’utiliser ce qui reste après digestion. CVE indique que les matières collectées parcourent en moyenne 20 à 25 kilomètres avant d’arriver à Bassens.

Les flux sont eux-mêmes très locaux. Lors de l’inauguration, l’entreprise estimait que 40 % des apports provenaient des activités portuaires, 40 % des biodéchets de la restauration, de la distribution et d’autres producteurs locaux, et 20 % de l’industrie agroalimentaire.

L’usine peut aussi recevoir des aliments encore emballés. Un déconditionneur installé sur place sépare la matière organique des barquettes, films et autres emballages avant son passage dans les digesteurs. Selon l’ADEME, cet équipement reste peu courant dans la région. Surtout, il évite d’envoyer les déchets vers un autre site uniquement pour cette étape de préparation.

Dans les digesteurs, la matière produit du biogaz. Celui-ci est ensuite épuré en biométhane et injecté dans le réseau de Régaz-Bordeaux. L’installation est dimensionnée pour atteindre 330 Nm³ par heure, soit une production annuelle annoncée de 32 GWh. Le digestat doit de son côté être utilisé comme fertilisant sur environ 1 200 hectares agricoles.

À Bassens, l’intérêt industriel tient à cet enchaînement sur un même site : préparation des déchets, méthanisation, injection dans le réseau gazier et retour au sol.

Sa construction a demandé un investissement de 23,8 millions d’euros et trois années de travaux. L’ADEME rapporte notamment des adaptations importantes liées au caractère inondable de ce terrain de 2,8 hectares en bord de Garonne, qui ont retardé le chantier d’environ un an. Dix emplois sont annoncés pour l’exploitation.

Les 25 000 tonnes et 32 GWh restent des capacités annoncées : aucun bilan public ne donne encore les tonnages effectivement traités ou le biométhane injecté depuis janvier. À Bassens, une chaîne complète fonctionne désormais entre les déchets de la métropole et du port, le réseau gazier bordelais et les terres agricoles de Gironde.

Sources consultées
  1. Grand Port Maritime de BordeauxCVE et le Grand Port Maritime de Bordeaux inaugurent la 1ère unité de méthanisation au cœur d’une zone industrialo-portuaire et aux portes d’une grande métropole
  2. CVEInauguration CVE Port de Bordeaux
  3. ADEME InfosÀ Bordeaux, une unité de méthanisation pionnière au cœur du Grand Port Maritime