
CMP Composites change d’échelle à Blanquefort. Après Eysines, la PME girondine s’installe dans un site de 4 700 m² et annonce une capacité de production multipliée par trois. Elle compte aujourd’hui 42 salariés, dont huit docteurs-ingénieurs, et prévoit d’inaugurer le bâtiment en octobre.
L’entreprise ne part pas pour autant du prototype zéro. Elle fabrique déjà des pièces composites en série et présente son offre comme allant de la conception aux petites et moyennes séries. Le nouvel atelier doit lui permettre d’augmenter les volumes dans le spatial et la défense, tout en préparant davantage d’activité aéronautique.
Une partie de son savoir-faire repose sur l’enroulement filamentaire. Des fibres imprégnées de résine sont déposées autour d’une forme selon des orientations calculées pour obtenir des tubes ou des réservoirs à la fois légers et résistants. Sur une pièce unique, atteindre les bonnes performances est une difficulté. En fabriquer plusieurs avec les mêmes dimensions, la même résistance et la même qualité en est une autre : il faut stabiliser le procédé, contrôler les variations et tenir une cadence.
Les réservoirs cryogéniques développés par CMP donnent la mesure de ces contraintes. Dans le cadre du projet RSCEL soutenu par France 2030, des réservoirs composites de type V ont été testés avec de l’azote liquide à -196 °C puis de l’oxygène liquide à -183 °C, sous 40 bars. Bpifrance indique que leur étanchéité et leur perméabilité ont été validées lors de ces essais.
Le composite promet un gain de masse, précieux dans un lanceur ou un avion, mais les très basses températures compliquent sérieusement l’exercice. Les écarts thermiques peuvent favoriser fissures et fuites, tandis que les réservoirs métalliques restent compétitifs grâce à leur étanchéité et à des procédés industriels bien maîtrisés. CMP travaille depuis plus de cinq ans avec l’Institut de mécanique et d’ingénierie de Bordeaux sur ces questions de stockage cryogénique.
Le site de Blanquefort donne davantage de place à des procédés déjà utilisés en série, pour des pièces plus exigeantes et des volumes plus importants. Le bail à construction porte sur 9 500 m² de terrain et un bâtiment industriel de 4 691 m², selon Bordeaux Métropole.
À Blanquefort, la prochaine étape sera plus quotidienne qu’un essai dans l’azote liquide : sortir, encore et encore, des pièces complexes identiques et conformes au rythme demandé par les programmes industriels.
Sources consultées
- CMP CompositesSavoir-faire
- CMP CompositesCMP Composites | LinkedIn
- BpifranceRecueil des lauréats France 2030, projet RSCEL
- Institut de mécanique et d’ingénierie de BordeauxAnalyse et modélisation des contraintes d’origine thermique dans les composites dédiés au stockage cryogénique
- Bordeaux MétropolePlaquette SIMI 2025