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EMME à Grattequina : le permis n’est pas suspendu, le chantier toujours annoncé en 2026

Le référé contre le permis de l’usine EMME a été rejeté. À Grattequina, ce projet de 500 millions d’euros révèle pourquoi le port bordelais attire l’industrie et les contraintes de ce choix.

Illustration - Usine EMME au bord de la Garonne

Le juge des référés n’a pas interrompu le calendrier annoncé par EMME. Le tribunal administratif de Bordeaux a rejeté la demande de suspension visant les permis de construire de la future usine de conversion de nickel et de cobalt à Grattequina, entre Blanquefort et Parempuyre. Le recours demandant l’annulation des permis, lui, continue.

Cette décision compte maintenant parce qu’EMME prévoit de commencer la construction au second semestre 2026, une fois achevées les fouilles archéologiques prescrites par l’État. Le projet représente environ 500 millions d’euros d’investissement, sur un site d’environ 32 hectares. Il annonce 500 emplois, dont 200 directs, et a obtenu un agrément fiscal lui permettant de bénéficier de 150 millions d’euros de crédit d’impôt « Industrie verte », étalé sur plusieurs années. La préfecture situe désormais la mise en service à l’horizon 2029.

Le terrain de Grattequina appartient au Grand Port maritime de Bordeaux et possède un quai modernisé en 2014. Pour une usine qui doit faire entrer et sortir environ 500 000 tonnes de matières et de produits chaque année, dont 99 % par voie maritime selon le dossier présenté par l’État, cet accès est déterminant. Le gouvernement estime qu’EMME pourrait à lui seul accroître de 20 à 30 % le trafic de conteneurs du port de Bordeaux.

Ce choix logistique concentre aussi les difficultés du projet. L’installation sera classée Seveso seuil haut et le risque d’inondation a imposé une conception spécifique du site : l’autorisation environnementale prévoit notamment le rehaussement du terrain par remblaiement afin de mettre les installations hors d’eau, ainsi que des prescriptions sur les zones humides, l’eau, les émissions atmosphériques et la surveillance autour de l’usine. Autrement dit, ce qui fait la force industrielle de Grattequina, un vaste foncier portuaire au bord de la Garonne, oblige aussi à traiter des contraintes que les opposants contestent toujours devant la justice.

Le référé de septembre n’a tranché aucune de ces questions au fond. Le communiqué conjoint des communes requérantes et de la SEPANSO précise notamment que le juge n’a pas considéré, à ce stade, que le recours à deux permis distincts pour le projet suffisait à créer un doute sérieux sur leur légalité. Un recours contre l’autorisation environnementale a par ailleurs été déposé le 3 septembre devant la cour administrative d’appel de Bordeaux.

EMME bénéficie depuis 2025 du statut de projet d’intérêt national majeur, qui permet d’accélérer certaines procédures d’urbanisme et de raccordement. Pour l’usine, cela signifie réunir sur un même site plusieurs dizaines d’hectares, un quai, de l’électricité, de l’eau et un bassin d’emploi, puis protéger l’ensemble contre les risques d’inondation. L’État a choisi d’aider fortement ce projet et Grattequina réunit une combinaison rare de ces conditions.

Le rejet du référé ne modifie donc pas, à ce stade, le calendrier de construction annoncé par EMME, sans rendre le projet juridiquement intouchable. À Grattequina, la prochaine étape annoncée est physique : achever les fouilles archéologiques, puis ouvrir le chantier de l’usine.

Sources consultées
  1. SEPANSO GirondeProjet EMME : le juge des référés rejette la demande de suspension du permis de construire
  2. Préfecture de la GirondeEMME : la préfète signe l’autorisation environnementale
  3. LégifranceDécret n° 2025-915 du 5 septembre 2025 qualifiant EMME de projet d’intérêt national majeur
  4. Electro Mobility Materials EuropeAvancement du projet