
La famille Lemoîne négocie la cession d’environ 80 % du Groupe Sud Ouest au groupe belge Rossel. Si l’opération aboutit, elle fera changer de propriétaire bien davantage que le quotidien : trois hebdomadaires girondins, TV7, une maison d’édition et une agence présente dans plusieurs grands rendez-vous du département appartiennent au même ensemble.
Le lien avec Bordeaux commence en 1944. Jacques Lemoîne y fonde Sud Ouest à la Libération ; son premier numéro, tiré à 76 000 exemplaires, n’est alors diffusé que dans la ville. Huit décennies plus tard, le groupe a toujours son siège au 23 quai des Queyries, dans la Bastide. À quelques kilomètres, quai de Brazza, son centre d’impression occupe 17 000 m² depuis 2001 et abrite trois rotatives.
Entre-temps, le journal a essaimé. GSO possède les trois hebdomadaires La Dépêche du Bassin, Le Résistant, implanté dans le Libournais, et Haute Gironde, dans le Blayais et le Cubzaguais. TV7 est installée au siège bordelais depuis 2017. Le groupe comprend également les Éditions Sud Ouest, le média économique Placéco, des sociétés de production audiovisuelle et des agences de communication et d’événementiel. Un Girondin peut donc lire, regarder ou fréquenter une activité du groupe sans nécessairement avoir un exemplaire de Sud Ouest entre les mains.
Cette présence se voit aussi dans l’événementiel. Par sa filiale bordelaise Côte Ouest, GSO dit piloter Bordeaux Fête le Vin, le tournoi de tennis Primrose et le Lacanau Pro. L’agence indique avoir piloté 40 événements en 2025. Autour de la presse, le groupe a ainsi développé des activités dans les livres, la télévision, la production audiovisuelle et plusieurs rendez-vous qui rythment l’année girondine.
C’est cet ensemble que Rossel veut reprendre. Le groupe familial belge possède déjà en France La Voix du Nord, Le Courrier picard, L’Union ou Paris-Normandie. Le projet prévoit précisément la cession de Socibog, holding familiale qui détient environ 73 % de GSO, ainsi que des quelque 7 % détenus directement par la famille Lemoîne. La vente reste soumise à la consultation des représentants du personnel et aux conditions réglementaires habituelles, avec une finalisation envisagée avant la fin de 2026.
Aucun projet détaillé n’a encore été rendu public pour les différentes activités girondines après un éventuel changement de contrôle. Pour l’instant, la négociation porte sur le groupe installé quai des Queyries ; chaque nuit, quai de Brazza, ses rotatives continuent d’imprimer Sud Ouest.