
Le CHU de Bordeaux a posé mercredi 2 septembre la première pierre de son futur Institut de biologie et de pathologie à l’hôpital Haut-Lévêque de Pessac. Sur 15 000 m² et cinq niveaux, le bâtiment doit réunir 13 services aujourd’hui dispersés entre plusieurs bâtiments et sites. L’investissement dépasse 87 millions d’euros, dont 68 millions de travaux et 15 millions d’équipements biomédicaux. La mise en service est prévue à la mi-2028.
Le chantier réorganise surtout une activité que les patients voient rarement, alors qu’elle accompagne une grande partie des soins. Les prélèvements doivent circuler entre les services cliniques et les laboratoires, être analysés parfois avec des équipements très spécialisés, puis les résultats revenir aux soignants. À Haut-Lévêque, le nouvel institut disposera de son propre accès logistique et sera relié aux autres services du site par un réseau pneumatique.
Le CHU ne fait pourtant pas le choix d’une centralisation totale. Pellegrin et Saint-André conserveront chacun un laboratoire d’urgences. Pellegrin gardera aussi une antenne d’anatomopathologie pour les analyses de pièces chirurgicales nécessaires pendant certaines opérations. Le choix consiste à concentrer des équipements et des équipes spécialisés sur un grand plateau commun, sans faire dépendre les soins les plus pressés d’un trajet entre deux hôpitaux.
Cette nouvelle organisation a un prix, mais les 70 millions d’euros empruntés le même jour auprès de la Banque des Territoires ne correspondent pas au financement du seul institut. Ce prêt doit soutenir plus largement la modernisation du CHU, notamment à Haut-Lévêque, où un nouvel hôpital doit également être construit. Il s’ajoute au prêt de 269 millions d’euros de la Banque européenne d’investissement, signé fin 2025 pour une première phase de transformation du CHU.
L’Institut de biologie et de pathologie donne ainsi une forme concrète à cette modernisation : moins de laboratoires spécialisés éparpillés, davantage d’équipements réunis sur un même site, mais des capacités maintenues là où le temps compte le plus. À Haut-Lévêque, les prélèvements des services voisins pourront rejoindre le nouvel institut par réseau pneumatique ; à Pellegrin et Saint-André, les analyses urgentes continueront d’être réalisées sur place.