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Chikungunya en Gironde : pourquoi sept cas suffisent à déclencher toute une chaîne sanitaire

Un foyer est clos à Saint-Médard-en-Jalles, tandis que celui de Prignac-et-Marcamps reste actif avec six cas : comment la Gironde tente de freiner la transmission locale.

Illustration - Moustique tigre et carte de Gironde

Sept cas autochtones de chikungunya ont été identifiés dans deux communes girondines : un à Saint-Médard-en-Jalles et six à Prignac-et-Marcamps. Dans son bulletin publié le 13 août, sur des données arrêtées au 10 août, Santé publique France classe l’épisode de Saint-Médard-en-Jalles comme clos et celui de Prignac-et-Marcamps comme toujours actif.

« Autochtone » signifie que la transmission s’est produite localement, sans voyage expliquant la contamination. Cela ne traduit donc pas une circulation du chikungunya dans toute la Gironde. Le dispositif vise à agir tant que la transmission reste géographiquement limitée.

Dès qu’un cas est confirmé, l’ARS et Santé publique France lancent une enquête épidémiologique. Dans les quartiers concernés, les investigations peuvent aller jusqu’au porte-à-porte pour rechercher d’autres malades et informer les habitants. Médecins, laboratoires et hôpitaux du secteur sont également mobilisés. Altopictus, l’opérateur chargé de la démoustication en Gironde, intervient systématiquement autour des cas signalés afin de réduire la population de moustiques tigres capables de transmettre le virus.

Ce ciblage répond à la réalité du moustique tigre. Il est désormais installé durablement et l’objectif réaliste n’est pas de le faire disparaître du département. Il faut empêcher qu’un moustique pique une personne infectée, devienne lui-même porteur du virus puis contamine quelqu’un d’autre. Plus les malades sont repérés tôt, plus la chaîne peut être attaquée dans un périmètre limité.

La Nouvelle-Aquitaine en a fait l’expérience en 2025, première année où elle a connu des transmissions locales de chikungunya. Santé publique France a finalement recensé 160 cas autochtones répartis dans 17 épisodes, dont 103 à Bergerac. En Gironde, des épisodes avaient notamment été identifiés à Bordeaux, Saint-Aubin-de-Médoc et Talence.

Bergerac fournit surtout un point de comparaison utile. Une étude publiée en avril 2026 dans PLOS Neglected Tropical Diseases a reconstitué cet épisode : les symptômes du premier cas connu avaient commencé le 23 juin 2025, mais le foyer n’avait été détecté que début août. Selon la modélisation des chercheurs, les premières interventions, encore localisées, ont alors eu peu d’effet car la circulation du virus s’était déjà étendue. Les opérations plus larges et plus intensives ont ensuite été associées à une baisse plus nette du nombre de cas.

À Prignac-et-Marcamps comme à Saint-Médard-en-Jalles, la réponse ne se limite donc pas à la pulvérisation. Les habitants peuvent supprimer chaque semaine les petites eaux stagnantes où pond le moustique tigre et se protéger davantage des piqûres. En cas de forte fièvre accompagnée notamment de douleurs articulaires ou musculaires, l’ARS recommande de consulter rapidement. Une personne infectée peut transmettre le virus à un moustique jusqu’au septième jour après le début des symptômes.

À Saint-Médard-en-Jalles et Prignac-et-Marcamps, sept cas restent un petit nombre. Le dispositif déployé autour de ces deux épisodes vise précisément à ce qu’il le reste.

Sources consultées
  1. Santé publique FranceChikungunya, dengue et Zika en Nouvelle-Aquitaine. Bulletin du 13 août 2026
  2. ARS Nouvelle-AquitainePoint de situation sur les cas autochtones d'arboviroses dans notre région
  3. Santé publique FranceChikungunya, dengue et Zika en Nouvelle-Aquitaine. Bilan 2025
  4. PLOS Neglected Tropical DiseasesSurveillance and control efficacy of the Bergerac, France, 2025 chikungunya outbreak