
Le CHU de Bordeaux a levé son Plan Blanc mercredi 5 août. Les patients et résidents accueillis pendant les incendies commencent à regagner leurs établissements d’origine. Ce retour progressif clôt une organisation d’urgence déclenchée le 24 juillet, lorsque les évacuations et les difficultés de déplacement du personnel soignant ont imposé de transférer des patients entre établissements et d’ouvrir de nouvelles capacités d’accueil dans toute la Gironde.
En 48 heures, le CHU a ouvert 243 lits supplémentaires pour recevoir des personnes évacuées. À titre d’ordre de grandeur, cela correspond à environ 9 % des 2 640 lits permanents que l’établissement déclarait en 2025. Plus de 1 200 personnes sont également passées par le hub sanitaire du Parc des Expositions, où elles étaient accueillies, évaluées puis orientées. Plus de 560 professionnels ont renforcé les équipes, tandis que le Centre 15 recevait jusqu’à 3 600 appels en une journée.
Cette montée en puissance ne répondait pas seulement à l’arrivée d’éventuelles victimes du feu. Parmi les quelque 220 000 personnes évacuées en Gironde figuraient des patients et résidents de 43 établissements sanitaires et Ehpad. Il fallait transférer des personnes âgées, handicapées, hospitalisées ou dépendantes sans interrompre leurs soins, tout en préservant les urgences, la réanimation et les missions régionales du CHU. L’ARS a coordonné les places disponibles entre les établissements du département.
Dans son bulletin du 5 août, Santé publique France ne relève aucune hausse inhabituelle de l’activité générale des urgences et de SOS Médecins dans les zones proches des incendies. Dans la métropole bordelaise, les consultations liées à l’asthme se sont stabilisées après une augmentation observée du 24 au 26 juillet.
À Bordeaux, les consultations pour angoisse ont en revanche augmenté. Du 27 juillet au 2 août, elles ont représenté 3,2 % de l’activité de SOS Médecins Bordeaux, soit 0,7 point de plus que la semaine précédente et un niveau supérieur à ceux observés aux mêmes périodes de 2024 et 2025. Une hausse des actes codés comme « état dépressif » apparaît aussi, mais elle peut inclure des patients déjà suivis venus renouveler un traitement.
Ces données ne permettent pas d’attribuer ces évolutions aux seuls incendies : la surveillance porte sur les urgences et SOS Médecins, et les effectifs concernés restent faibles. Elles décrivent une hausse localisée de certains recours liés à la santé mentale, pas une conséquence sanitaire établie des feux.
La levée du Plan Blanc marque le recul de la phase hospitalière aiguë. Au CHU et dans les établissements d’accueil, le travail porte désormais sur le retour des patients et des résidents dans leurs établissements d’origine, sans rompre leur prise en charge.
Sources consultées
- CHU de BordeauxIncendies en Gironde : le CHU de Bordeaux lève son Plan Blanc
- Agence régionale de santé Nouvelle-AquitaineIncendies en Gironde et dans les Landes : information sur les évacuations sanitaires et le déclenchement des plans blancs départementaux
- Santé publique FranceSurveillance sanitaire des feux de forêts en Gironde et dans les Landes, point au 4 août 2026
- CHU de BordeauxLe Nouveau CHU de Bordeaux : 1,4 milliard d’euros pour 26 programmes de construction et de réhabilitation