
Le feu de Saumos ne gagne plus de terrain, mais la forêt brûle encore par endroits. Dans son point publié mardi 4 août sur la situation du lundi 3 août au soir, la préfecture décrivait un incendie fixé, c’est-à-dire contenu dans son périmètre, mais pas éteint. Des secteurs restaient actifs à Lège-Cap-Ferret et au Porge. Les opérations de noyage et la surveillance des reprises se poursuivaient.
Dans les zones épargnées, la reprise a pourtant commencé. Huit campings de Lège-Cap-Ferret ont été autorisés à rouvrir : La Pinède et La Prairie à Lège, Les Pastourelles, le VVF, le Domaine du Ferret, Les Embruns et Les Viviers à Claouey, ainsi que Le Truc Vert à Piquey. Seuls les établissements qui n’ont pas été touchés par les flammes sont concernés. Les vacanciers doivent les contacter avant de revenir, l’autorisation administrative ne garantissant pas que chaque site puisse immédiatement accueillir tous ses clients.
Cette reprise reste entourée d’interdictions. La route et la plage du Grand Crohot demeurent fermées. La commune annonce la réouverture des plages surveillées du Truc Vert et de l’Horizon mercredi 5 août, mais les pistes traversant les massifs forestiers restent interdites. Le Département demande de ne pas se rendre dans les secteurs concernés par les opérations de secours et tient à jour une carte des routes fermées.
Sur la presqu’île, certains sites épargnés peuvent ainsi recommencer à recevoir des visiteurs avant que les habitants des secteurs brûlés puissent réellement rentrer chez eux. Selon la mairie du Porge, la commune concentre 183 des 240 habitations détruites. À l’échelle de la crise, la préfecture compte 240 familles privées de logement et 224 000 personnes évacuées à titre préventif depuis le départ du feu, le 22 juillet. Une levée d’évacuation ne rend pas une maison détruite habitable.
C’est pour ces situations que le centre d’accueil France Services Victimes a ouvert lundi dans le groupe scolaire du Porge. Il reçoit le public tous les jours de 9 heures à 18 heures. Assureurs, services sociaux, juristes et psychologues y accompagnent les démarches provoquées par l’incendie : expertise du logement, indemnisation, allocations, dégrèvements fiscaux ou organisation de la rentrée scolaire.
Le Comité local d’aide aux victimes a également prévu une permanence juridique financée à hauteur de 40 000 euros, deux cellules d’accompagnement médico-psychologique et un numéro gratuit, le 0 800 719 912. Un bus du Département doit proposer une partie de ces services dans les autres communes sinistrées.
Les calendriers divergent dès ce stade. Un camping intact peut reprendre son activité lorsque les accès, l’électricité et la sécurité le permettent. Pour une famille dont le logement a brûlé, le retour dépend d’une expertise, d’un hébergement durable et de l’indemnisation. Au Porge, où se concentrent les trois quarts des habitations détruites, cette reconstruction matérielle et administrative sera nécessairement plus lente.
La première phase de réintégration du Porge et de Lège-Cap-Ferret concernait encore des communes presque entièrement fermées. Vingt-quatre heures plus tard, la reprise devient plus fine : certains hébergements, plages et services redémarrent, tandis que les zones brûlées, les routes forestières et les établissements directement touchés restent interdits.
La forêt, elle, reste fermée. L’incendie a laissé 240 kilomètres de lisières de feu à surveiller. Des pistes et des ouvrages de défense des forêts contre l’incendie doivent aussi être remis en état. L’État prévoit des coupes de sécurité autour des arbres calcinés et l’évacuation rapide d’une partie du bois brûlé. Ces travaux expliquent pourquoi une zone sans flammes visibles peut encore être dangereuse.
L’origine précise de l’incendie n’est pas définitivement établie. Le parquet de Bordeaux privilégie la piste d’un chantier de débroussaillage réalisé sous une ligne électrique par une entreprise travaillant pour Enedis. Le procureur a toutefois indiqué que les premiers éléments ne faisaient apparaître aucune violation de la réglementation applicable au moment des travaux. Plus de vingt enquêteurs doivent encore établir le mécanisme du départ de feu et déterminer d’éventuelles responsabilités.
La réouverture des huit campings constitue donc une étape, pas la fin de l’événement. La suite dépend de l’extinction complète, de la sécurisation des accès forestiers et de l’évaluation des logements réparables. Pour les 240 familles privées de leur habitation, le calendrier ne se compte déjà plus en heures de réintégration, mais en expertises, relogements et décisions de reconstruction.
Sources consultées
- Préfecture de la GirondeIncendie de Saumos : point de situation du lundi 3 août
- Préfecture de la GirondeIncendie de Saumos : réouverture de plusieurs campings et poursuite des consignes de vigilance
- Département de la GirondeInforoutes
- Préfecture de la GirondeInstallation d’un Comité local d’aide aux victimes dédié à l’accompagnement des victimes
- Préfecture de la GirondeOuverture d’un centre d’accueil France Services Victimes, au Porge
- Le Nouvel ObsIncendie en Gironde : chantier de débroussaillage, gestes volontaires… Où en sont les enquêtes judiciaires ?