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Incendie de Saumos : le retour reste interdit au Porge et à Lège-Cap-Ferret

Le feu ne progresse plus, mais deux secteurs restent actifs. Environ 16 000 personnes ne peuvent toujours pas rentrer au Porge et à Lège-Cap-Ferret.

Forêt girondine après l’incendie de Saumos

L’incendie de Saumos est fixé depuis samedi 1er août, mais il n’est pas éteint. Dans son point publié à 20 heures, la préfecture indique que le feu ne progresse plus sur les 42 000 hectares parcourus depuis le 22 juillet. Des points chauds restent toutefois actifs sur la presqu’île du Cap-Ferret et sur le cordon dunaire au sud de Lacanau.

Les habitants de Saumos, du Temple, d’Arès et de Marcheprime ont été autorisés à rentrer, comme ceux des quartiers de Lubec et de La Pointe à Audenge. Au total, 208 000 personnes sont désormais autorisées à rentrer chez elles, sur les 224 000 évacuées au plus fort de la crise. Les conditions de sécurité ne permettent en revanche toujours pas le retour au Porge et à Lège-Cap-Ferret. Par différence entre les deux totaux officiels, environ 16 000 personnes restent concernées par les restrictions.

Ce retour progressif constitue un changement net par rapport au 28 juillet, lorsque le feu était stabilisé mais pas encore fixé. Il ne rétablit pas pour autant une circulation normale. La D3 entre Lège-Cap-Ferret et Audenge, la D107 entre Le Porge et Le Temple, la D5E4 entre Le Porge et Saumos et la D5E3 entre Saumos et Lacanau restent fermées. Toutes les pistes cyclables à dominante forestière le sont également.

Même les routes rouvertes portent les traces de l’incendie. Entre Blagon et Saumos, le Département signale encore des balises, des arbres et des poteaux endommagés. Les habitants et les vacanciers sont invités à consulter l’état actualisé des routes et des pistes cyclables et à ne pas se rendre dans les secteurs où les secours interviennent.

La différence entre un feu fixé et un feu éteint se mesure désormais à ces accès coupés et aux 240 kilomètres de lisière que les équipes doivent continuer à traiter. À cette échelle, l’incendie ne forme plus un front unique. Il laisse derrière lui des fumerolles et des points chauds dispersés, susceptibles de repartir ou de rendre dangereuse une route forestière éloignée des dernières flammes visibles.

Cette géographie explique pourquoi les retours sont décidés commune par commune. Entre Saumos, le bassin d’Arcachon et l’océan, les bourgs, les lotissements, les campings et les plages sont reliés par des axes qui traversent directement le massif. Lorsque plusieurs de ces routes sont coupées, l’accès aux habitations dépend d’un petit nombre d’itinéraires.

La Gironde ne partait pourtant pas sans défense. Le massif des Landes de Gascogne est parcouru par un réseau de pistes, de fossés et de points d’eau entretenus par les associations de défense des forêts contre l’incendie. Ces équipements permettent aux pompiers d’atteindre rapidement les parcelles et de s’alimenter en eau. Pour le feu de Saumos, ils ont dû être complétés par des travaux d’urgence coordonnés avec l’Office national des forêts et la filière bois. Au 31 juillet à 17 heures, 147 kilomètres de zones d’appui avaient été réalisés afin de créer des lignes depuis lesquelles le feu pouvait être combattu.

Ces travaux montrent à la fois l’utilité du système girondin et l’ampleur de l’événement. Le réseau DFCI a fourni les accès et les points d’appui nécessaires. Mais un incendie déployé sur 240 kilomètres de bordure a obligé les secours à ouvrir, élargir ou renforcer des coupures sur une distance inhabituelle, au contact de communes habitées et de stations fréquentées en plein été.

Le danger ne se limite pas au sol. Au dernier point disponible, publié vendredi 31 juillet, Atmo Nouvelle-Aquitaine maintenait un épisode de pollution aux particules PM10 en Gironde, principalement aux abords des zones calcinées et des secteurs où subsistent des points chauds. L’épisode peut donc se prolonger alors même que le périmètre de l’incendie ne s’étend plus.

L’origine exacte du feu reste soumise à l’enquête. Interrogé le 27 juillet sur France Info, le procureur de Bordeaux, Renaud Gaudeul, a indiqué que l’incendie semblait avoir commencé pendant un chantier de débroussaillage réalisé par une entreprise travaillant pour Enedis. Il a également précisé que les premiers éléments ne faisaient pas apparaître de violation de la réglementation alors applicable. Les enquêteurs doivent encore déterminer le mécanisme du départ de feu, les précautions effectivement prises et les responsabilités éventuelles.

La prochaine étape ne sera donc pas une simple annonce d’extinction. Elle dépendra de la sécurisation des points chauds, des arbres, des réseaux et des routes qui empêchent encore le retour au Porge et à Lège-Cap-Ferret. Pour les habitants de ces deux communes, le feu est fixé sur la carte, mais l’évacuation continue.

Sources consultées
  1. Préfecture de la GirondeIncendie de Saumos : point de situation ce samedi 1er août à 20h
  2. Département de la GirondeInforoutes
  3. DFCI AquitaineIncendie de Saumos : mobilisation du réseau DFCI face à une situation toujours sensible
  4. Atmo Nouvelle-AquitaineIncendies en Gironde et dans les Landes : suivi de la qualité de l'air
  5. Le Nouvel ObsIncendie en Gironde : chantier de débroussaillage, gestes volontaires… Où en sont les enquêtes judiciaires ?