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UAV Show 2026 : en Gironde, les drones passent l’épreuve du terrain

Le salon bordelais révèle un savoir-faire moins visible : ouvrir des espaces de vol, encadrer les essais et préparer le passage des drones à la production.

Illustration de drones sur piste d’essai

L’UAV Show reviendra à Bordeaux du 7 au 9 octobre, un an seulement après sa précédente édition. Le salon, autrefois biennal, attend 110 exposants et 4 000 professionnels. Selon les organisateurs, plus de la moitié des solutions annoncées concernent la défense, tandis que près de 30 % sont présentées comme duales, utilisables dans les mondes civil et militaire.

Le troisième jour, les appareils quitteront les stands du Palais 2 l’Atlantique pour voler sur l’aérodrome de Sainte-Hélène. Cette séquence montre une compétence girondine moins visible que les prototypes exposés : la capacité à organiser et encadrer des essais en conditions réelles.

Pour un fabricant de drones, concevoir un prototype convaincant ne suffit pas. Il faut ouvrir un espace aérien, préparer les dossiers réglementaires, mesurer le comportement de l’appareil et vérifier qu’il reste pilotable dans les conditions prévues. Sans ces étapes, un prototype prometteur reste un prototype.

CESA Drones, créé par Bordeaux Technowest, fournit ces moyens. À Sainte-Hélène, le centre dispose de 15 hectares, de deux pistes en herbe et d’installations permettant de conduire des opérations avec des drones civils de moins de 150 kg. Le 9 octobre, une dizaine d’entreprises doivent y présenter leurs systèmes en vol, notamment dans l’observation, l’inspection et la lutte anti-drone.

À Hourtin, une zone de 100 km sur 5 km permet des essais hors de la vue directe du pilote, au-dessus de l’océan. Son activation associe notamment la Direction générale de l’aviation civile, la Direction générale de l’armement et la base aérienne de Cazaux. Pour éprouver un appareil destiné aux longues distances ou à des environnements complexes, cet accès encadré à l’espace aérien compte autant que ses équipements embarqués.

Le programme du salon reflète l’évolution des usages. Les conférences traiteront de navigation en zone brouillée, de lutte anti-drone, de maintien en condition opérationnelle et de réglementation civile. Derrière l’étiquette « duale », les mêmes technologies de navigation, de communication ou de détection peuvent servir à inspecter un ouvrage, surveiller une infrastructure ou repérer un appareil hostile.

À Mérignac, Aerix Systems travaille sur une autre difficulté : préparer la production. L’entreprise, inscrite parmi les exposants 2026, développe un drone intercepteur à propulsion omnidirectionnelle. Elle a rejoint la promotion 2026 de l’accélérateur DIANA de l’Otan et reçu 200 000 euros de la Région Nouvelle-Aquitaine pour installer une unité pilote. Le projet a dépassé le stade de la seule idée technique, mais l’unité prévue reste destinée aux premières séries, pas à une fabrication de masse.

L’UAV Show reste un salon et ses objectifs de fréquentation viennent de ses organisateurs. Son passage au rythme annuel met néanmoins en avant trois besoins industriels : essayer plus vite, qualifier les systèmes et préparer leur fabrication. Le 9 octobre, la meilleure mesure de ce virage ne sera pas le nombre de badges distribués, mais ce que les appareils réussiront à faire au-dessus des pistes de Sainte-Hélène.

Sources consultées
  1. UAV ShowUAV Show 2026 : le virage Défense s’accélère à Bordeaux
  2. UAV ShowDemo Day
  3. CESA DronesPrésentation des zones d’essais CESA Drones
  4. NATO DIANA2026 Cohort of Companies
  5. Région Nouvelle-AquitaineCommission permanente du 2 février 2026