
Bordeaux Métropole a confié à Artelia la maîtrise d’œuvre de 1,35 km de protections contre les inondations, entre le quai de la Souys à Floirac et le quai Deschamps à Bordeaux. Le contrat d’ingénierie atteint 810 625 euros hors taxes. Les travaux qu’il doit préparer sont estimés entre 14,5 et 19,3 millions d’euros selon le scénario retenu.
Le chantier n’est donc pas encore lancé. Pendant une mission annoncée sur 50 mois, l’équipe devra préciser les choix techniques, conduire les études et accompagner les procédures nécessaires. Les documents publics mentionnent deux scénarios, séparés par près de 4,8 millions d’euros, sans en exposer les différences. Le scénario retenu déterminera la solution technique et l’enveloppe finale.
Ces 1,35 km appartiennent au système qui protège les quartiers construits dans la plaine inondable de la rive droite. Ancien espace naturel d’expansion des crues, celle-ci a été urbanisée derrière une dizaine de kilomètres de digues et d’ouvrages. Bordeaux Métropole soulignait déjà en 2016 que leur consolidation devait protéger les personnes et les biens, mais aussi permettre la poursuite du développement urbain.
Cette dépendance est particulièrement visible le long de Souys et Deschamps. Le tracé borde la ZAC Garonne Eiffel, vaste opération de 128 hectares répartie entre Bordeaux et Floirac. L’établissement public d’aménagement y prévoit à terme environ 20 000 habitants, 11 000 emplois et plusieurs nouveaux quartiers, dont Souys-Eiffel, Souys-Combes et Deschamps-Belvédère. La protection contre les crues sécurise donc à la fois des quartiers existants et une partie de l’urbanisation encore programmée au bord du fleuve.
Le système doit composer avec un risque fluvio-maritime, où se combinent le débit de la Garonne, les marées et le niveau de l’océan. Bordeaux Métropole gère 80 km de digues et 130 clapets sur son territoire. Sa stratégie consiste d’abord à restaurer les ouvrages des secteurs les plus denses pour qu’ils résistent à un scénario fondé sur la tempête de 1999, avec 20 cm supplémentaires au Verdon. Les nouveaux aménagements doivent aussi pouvoir être rehaussés plus tard.
Cette dépense relève donc à la fois du rattrapage, de la prévention et du coût durable de l’urbanisation en zone inondable. Les digues ne suppriment pas le risque. Elles créent une obligation continue de surveillance, de réparation et d’adaptation, financée par la collectivité. Pour 2050, la Métropole envisage déjà d’associer leur rehaussement à d’autres réponses, comme des zones destinées à accueillir davantage d’eau, l’adaptation des bâtiments ou le déplacement des éléments les plus vulnérables.
L’attribution à Artelia ouvre maintenant la phase de conception détaillée. Entre Souys et Deschamps, la prochaine décision attendue est celle du scénario qui fixera la solution technique et fera varier le coût des travaux de 14,5 à 19,3 millions d’euros.
Sources consultées
- Office des publications de l’Union européenneMaîtrise d’œuvre pour les travaux sur les ouvrages de protection contre les inondations fluvio-maritimes, secteur rive droite, tronçons 9 à 16
- Bordeaux MétropoleAvis d’appel à candidatures, référence 2025-CCAM-0002
- Bordeaux MétropoleConforter la digue de la rive droite contre les crues de la Garonne
- Bordeaux MétropoleMise en œuvre d’une stratégie métropolitaine en matière de gestion des milieux aquatiques et de protection contre les inondations
- EPA Bordeaux EuratlantiqueZAC Garonne Eiffel