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Asterya à Saint-André : un centre à Bordeaux, un réseau à bâtir en Gironde

Le futur hôpital de jour de Saint-André doit suivre plus de 1 500 enfants et jeunes par an. La continuité des soins dépendra aussi d’un réseau girondin encore à organiser.

Illustration - centre Asterya à Saint-André

Le chantier d’Asterya a commencé à l’hôpital Saint-André, au centre de Bordeaux. Son ouverture est annoncée pour la fin de 2026 ou le début de 2027. Ce nouvel hôpital de jour doit réunir une trentaine de professionnels et suivre plus de 1 500 enfants et jeunes confiés à l’aide sociale à l’enfance chaque année.

Le centre associera soins physiques et psychiques, notamment pour des situations de traumatisme complexe. Les équipes de pédiatrie du CHU travailleront avec celles du centre hospitalier Charles-Perrens. Le CHU annonce qu’il recevra des enfants et des jeunes de 0 à 25 ans, en consultation ou en hôpital de jour.

Asterya ne constituera pourtant pas, à lui seul, le nouveau système de santé des enfants protégés en Gironde. Le communiqué commun du projet précise que le centre complétera le « parcours coordonné renforcé enfance protégée ». Au 30 juillet, la structure chargée de coordonner ce parcours départemental n’était pas encore choisie : les candidatures étaient ouvertes jusqu’à cette date, avec une décision annoncée au plus tard deux mois après la clôture.

Asterya concentrera à Saint-André des consultations pluridisciplinaires et un hôpital de jour. Le parcours départemental, lui, doit organiser les soins autour du lieu de vie de l’enfant. Le cahier des charges national prévoit un médecin référent, un bilan renouvelé chaque année, un dossier partagé et un réseau de professionnels répartis sur le territoire. La coordination doit intervenir lorsqu’un rendez-vous manque, lorsqu’aucun spécialiste n’est disponible à proximité ou lorsqu’un changement de placement menace d’interrompre le suivi.

Le Département suivait 11 485 enfants fin 2025, dont environ 5 400 confiés, et compte quelque 1 400 nouveaux entrants chaque année. L’objectif de 1 500 suivis annuels à Asterya se situe dans le même ordre de grandeur que ce flux, mais les nombres ne désignent pas la même chose : le parcours départemental doit concerner tous les enfants éligibles, tandis que le centre offrira des soins hospitaliers spécialisés.

Le choix révèle donc un compromis territorial. La Gironde concentre à Bordeaux une offre hospitalière pluridisciplinaire, mais devra organiser l’accès au centre depuis le Médoc, le Libournais ou le Sud-Gironde. Le cadre national exige justement un réseau étendu et des soins organisés près du lieu de vie. Le centre complète aussi le travail engagé sur la formation de ceux qui tiennent la protection de l’enfance.

Le coût bordelais n’a pas été publié. Le 21 juillet, Emmanuel Macron a annoncé que 38 millions d’euros seraient inscrits au projet de budget 2027 de la Sécurité sociale pour financer l’investissement de sept centres Asterya. Le fonctionnement quotidien serait pris en charge par l’Assurance maladie, tandis que les mécènes financeraient notamment certaines activités hors du panier habituel des soins. Cette enveloppe doit encore être votée et sa répartition entre les centres reste inconnue.

À Saint-André, l’enfant pourra trouver l’expertise hospitalière ; une fois rentré dans son lieu de vie, le rendez-vous suivant devra encore avoir lieu.

Sources consultées
  1. CHU de BordeauxPose de la première pierre du centre ASTERYA : un projet innovant au service des enfants et adolescents protégés
  2. Agence régionale de santé Nouvelle-AquitaineParcours coordonnés renforcés (PCR) en Nouvelle-Aquitaine
  3. LégifranceArrêté du 26 février 2026 pris pour l'application de l'article R. 4012-1 du code de la santé publique
  4. Département de la GirondeProtection de l'enfance
  5. Banque des TerritoiresProtection de l'enfance : Emmanuel Macron promet le financement de sept nouveaux centres de soins