
L’incendie parti de Saumos restait stabilisé à 42 000 hectares mardi 28 juillet à 6 heures, après une nuit sans nouvelle progression globale. Le feu n’était toutefois pas fixé. Dans la matinée, la préfecture a ordonné l’évacuation préventive des campings, villages de vacances et résidences collectives de tourisme de Lacanau, soit près de 4 000 personnes.
La mesure ne concerne pas l’ensemble de la commune. Elle couvre les hébergements de Lacanau-Ville, du lac et de Lacanau-Océan. Les pompiers surveillent particulièrement le flanc nord-ouest de l’incendie, susceptible de repartir vers Lacanau avec la hausse des températures et un changement de vent. À la fin de la matinée, le commandant Rémi Lassoureille, du SDIS de la Gironde, décrivait une situation « relativement sous contrôle », mais le risque restait assez sérieux pour justifier cette évacuation.
Les habitants de Lacanau ne sont pas appelés à partir. La municipalité leur demande en revanche d’éviter les déplacements pendant l’évacuation afin de laisser les routes aux secours et aux autocars. Les personnes hébergées dans les campings ou résidences qui ne disposent pas de moyen de transport doivent se signaler à leur accueil. La Ville prévoit de les conduire vers un centre d’hébergement. Les consignes sont actualisées sur la page d’information de la Ville de Lacanau.
Ces départs s’ajoutent aux quelque 220 000 évacuations comptabilisées depuis le début de l’incendie. Ce chiffre est un cumul des mouvements successifs d’habitants et de vacanciers. Il ne représente pas le nombre de personnes encore déplacées mardi. Le précédent point de La Clé Publique décrivait la montée en puissance de l’accueil d’urgence. Le Parc des Expositions de Bordeaux reste disponible pour les personnes qui ne peuvent pas être hébergées par des proches, tandis que Bordeaux Métropole indique que les besoins immédiats en dons sont couverts.
À 12 h 06 mardi, l’A63 restait fermée sur environ 170 kilomètres entre Bordeaux et Bayonne. Les automobilistes sont orientés vers l’A62, l’A65 et l’A64 pour contourner la coupure de l’axe principal entre la métropole bordelaise, le Pays basque et l’Espagne. Les autorités demandent toujours d’éviter les secteurs concernés pour ne pas encombrer les voies utilisées par les secours.
Le rail reste lui aussi coupé au sud de Bordeaux. Aucun train ne circule mardi entre Bordeaux et Arcachon, Hendaye ou Tarbes. Les liaisons vers Agen et Toulouse sont maintenues, mais Bordeaux devient le terminus des autres TGV arrivant du nord. SNCF Voyageurs conseille de reporter les déplacements vers les zones touchées et prévoit l’échange ou le remboursement sans frais des billets concernés jusqu’au 31 juillet.
La surface parcourue ne progresse plus dans son ensemble, mais des foyers restent actifs à l’intérieur d’un périmètre immense. Un changement de vent, une hausse des températures ou une braise projetée au-delà d’une ligne de défense peuvent recréer un front. Les secours doivent donc surveiller les lisières, traiter les reprises et renforcer les barrières avant d’autoriser les retours.
Mardi matin, 103 kilomètres de coupures tactiques avaient été réalisés par la DFCI et le génie militaire. Ces bandes déboisées ou débroussaillées retirent une partie du combustible devant le feu et créent des positions depuis lesquelles les pompiers peuvent l’attaquer. Au dernier bilan préfectoral détaillé de lundi soir, environ 2 750 sapeurs-pompiers, des moyens aériens et 1 500 militaires restaient engagés. Leur travail consiste désormais autant à tenir ce périmètre qu’à éteindre les points encore chauds.
À Lacanau, la pleine saison complique une évacuation de cette ampleur. Une commune peut ne pas être directement atteinte par les flammes tout en devant vider en quelques heures ses hébergements les plus fragiles, réduire ses déplacements et préparer des milliers de départs. Le danger ne se mesure donc plus seulement à la position du front, mais à la capacité d’évacuer avant qu’une route ne devienne inutilisable.
L’origine du sinistre n’est pas encore judiciairement établie. Le procureur de la République de Bordeaux a indiqué lundi que les premiers éléments orientaient l’enquête vers un chantier de débroussaillage réalisé pour le compte d’Enedis peu avant le départ du feu. Il a également précisé qu’à ce stade, les intervenants ne semblaient pas avoir enfreint la réglementation alors applicable. L’enquête doit encore déterminer le mécanisme exact et les précautions prises.
Le feu devra d’abord être déclaré fixé, c’est-à-dire incapable de progresser dans les conditions prévisibles. Routes, réseaux et parcelles encore chaudes devront ensuite être sécurisés avant les retours. À Lacanau, l’urgence de mardi est d’achever l’évacuation de près de 4 000 vacanciers et de garder les accès libres pour les secours.
Sources consultées
- Préfecture de la GirondeIncendie de Saumos : point de situation du 28 juillet au matin
- Ville de LacanauIncendie en cours : point de situation
- Bordeaux MétropoleIncendies en Gironde : accueil des personnes évacuées
- SNCF VoyageursInformations trafic : incendies en Gironde
- Radio VINCI AutoroutesIncendies Gironde-Landes : A63 toujours fermée ce mardi 28 juillet
- Le MondeLes pompiers craignent une reprise en direction de Lacanau