
Le bilan routier 2025 de Bordeaux Métropole dessine une année contrastée. Dans les 28 communes, 836 accidents corporels ont fait 18 morts et 1 045 blessés, dont 182 hospitalisés plus de 24 heures. Par rapport à 2024, cela représente six morts de moins, mais 83 accidents, 131 blessés et 41 hospitalisations supplémentaires. La baisse de la mortalité ne suffit donc pas à raconter l’année.
Cette photographie ne couvre pas toute la Gironde. Elle décrit un réseau métropolitain de plus de 3 200 kilomètres de voies, auquel s’ajoutent 115 kilomètres de rocade, d’autoroutes et de routes nationales, pour environ quatre millions de déplacements quotidiens. Bordeaux Métropole précise également que les accidents connus des forces de l’ordre peuvent ne pas constituer un relevé exhaustif.
La rocade et les autoroutes concentrent 31 % des accidents métropolitains et quatre des 18 décès. Dans les rues de l’agglomération, le bilan change de visage. Parmi les personnes tuées figurent quatre piétons, quatre cyclistes, un usager d’engin de déplacement personnel motorisé et six usagers de deux-roues motorisés. Les personnes protégées par une carrosserie sont très minoritaires.
Le rapport devient particulièrement utile lorsqu’il quitte les moyennes pour nommer les lieux. Sur cinq ans, 26 des 27 carrefours comptant au moins cinq accidents sont équipés de feux. L’intersection entre l’avenue de Tivoli et le boulevard Pierre-Ier arrive en tête avec 17 accidents, devant l’avenue du Médoc au niveau de la rocade à Eysines, avec 15, puis la place Ravezies, avec 10.
Il serait trop rapide d’en conclure que les feux créent le danger. Ils sont souvent installés aux endroits les plus fréquentés et les plus complexes. Mais la Métropole observe aussi, en proportion, trois fois plus d’accidents graves aux carrefours à feux qu’aux giratoires, et huit fois plus qu’aux stops. Son diagnostic plaide donc pour supprimer certains feux lorsque les volumes de circulation le permettent, plutôt que pour traiter tous les croisements de la même manière.
Le bilan transforme les fiches établies par la police, la gendarmerie et les CRS en une carte des priorités possibles pour la voirie. Il n’annonce cependant ni chantier, ni budget, ni calendrier pour les carrefours classés. Pour l’instant, il laisse un diagnostic précis : de l’avenue de Tivoli à l’échangeur du Médoc, les lieux où les accidents se répètent sont désormais clairement identifiés.