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Incendie de Saumos : l’évacuation massive mobilise l’accueil et les hôpitaux

Dimanche à 4 heures, la préfecture comptabilisait 42 000 hectares parcourus et 220 000 évacuations cumulées. Bordeaux-Lac et Lormont renforcent l’accueil et les soins.

Évacués accueillis à Bordeaux-Lac

Dimanche 26 juillet à la mi-journée, l’incendie parti de Saumos restait actif après une nouvelle poussée très virulente dans la nuit, suivie d’un apaisement en fin de nuit. Dans son point de 4 heures, la préfecture estimait à 42 000 hectares la surface parcourue et à 220 000 le nombre cumulé de personnes évacuées en Gironde depuis mercredi. Ce total inclut 55 000 habitants de Marcheprime, Cestas, Mios, Biganos et Le Barp, évacués pendant la nuit. Il ne correspond pas au nombre de personnes encore hébergées hors de chez elles dimanche.

À 12 h 07, le maire de Bordeaux situait le feu à environ 15 kilomètres de la métropole, au niveau de Martignas-sur-Jalle, et à 25 ou 30 kilomètres de Bordeaux. L’évacuation de la ville n’était pas envisagée à cette heure. La circulation ferroviaire était en revanche interrompue au sud de Bordeaux, avec des suppressions vers Arcachon, Hendaye et Tarbes.

Les habitants susceptibles d’être évacués doivent garder leur téléphone allumé et suivre immédiatement les consignes reçues par FR-Alert. Les personnes déjà parties ne doivent pas tenter de revenir avant une autorisation des autorités. Pour l’hébergement, les dons et les propositions d’aide, Bordeaux Métropole centralise les informations sur sa page consacrée à l’accueil des personnes évacuées.

La veille, l’incendie avait déjà gagné l’ouest bordelais. Depuis, l’organisation doit prendre en charge des dizaines de milliers d’habitants supplémentaires. Éloigner les habitants du feu ne suffit plus. Il faut les répartir entre proches, centres communaux et structures régionales, organiser les repas et les transports, accueillir les animaux et assurer une prise en charge médicale pendant une durée encore inconnue.

Le Parc des Expositions de Bordeaux-Lac est devenu le principal point de repli pour les personnes qui ne peuvent pas être hébergées par leur entourage. Le site peut recevoir jusqu’à 10 000 personnes. Des lits, des repas, des douches et un espace pour les animaux y ont été aménagés. Un centre logistique y coordonne également les aides, mais les dons ne doivent pas être apportés directement sur place afin de ne pas gêner l’accueil.

Les 10 000 places de Bordeaux-Lac ne doivent pas être comparées directement aux 220 000 évacuations cumulées. L’accueil repose sur une chaîne dispersée de familles, de communes, d’associations et d’équipements publics. Le Parc des Expositions sert de point d’accueil et de répartition, notamment pour les personnes âgées, malades ou sans solution d’hébergement.

Cette organisation atteint directement le système de santé. Des équipes du SAMU-SMUR 33 et des médecins généralistes assurent une permanence au Parc des Expositions, avec des renforts venus de Charente-Maritime, de Dordogne et des Pyrénées-Atlantiques. Le CHU a aussi remis en service en quelques heures son ancien EHPAD de Lormont, fermé depuis le 23 juin. Quarante résidents y avaient été accueillis samedi matin et 80 places supplémentaires étaient préparées.

La fumée et les déplacements ont également accru l’activité ordinaire des secours. Le CHU a enregistré 3 600 appels au SAMU en vingt-quatre heures, contre environ 2 500 habituellement en été. Il préparait la réouverture d’unités fermées pour la période estivale à Pellegrin et Saint-André, afin de libérer des lits après les urgences et de prendre en charge les pompiers blessés.

Ces ouvertures donnent au CHU une marge immédiate, mais elle reste limitée. Si les retours restent impossibles plusieurs jours ou si d’autres établissements médico-sociaux doivent être évacués, il faudra maintenir des locaux, des lits et des équipes qui n’étaient pas prévus pour fonctionner cet été.

La fumée étend enfin les conséquences bien au-delà des communes évacuées. Dimanche, Atmo Nouvelle-Aquitaine signalait une forte dégradation de la qualité de l’air sur une grande partie de la région, liée à la hausse des particules transportées par les fumées. Les personnes vulnérables doivent limiter leurs sorties, fermer portes et fenêtres et réduire les efforts physiques intenses.

La cause du départ de feu du 22 juillet n’est pas établie à ce stade. Son comportement récent s’explique en revanche par des conditions météorologiques toujours défavorables, avec de fortes chaleurs et du vent. Dans la nuit, le feu a progressé de manière erratique vers l’agglomération avant de perdre en intensité. Cette mobilité empêche encore d’annoncer un calendrier fiable de retour.

Le prochain seuil sera l’autorisation des premiers retours, après vérification des routes, des réseaux et des habitations. D’ici là, le Parc des Expositions de Bordeaux-Lac et l’ancien EHPAD de Lormont restent mobilisés pour accueillir et soigner loin du front.

Sources consultées
  1. Préfecture de la Gironde, informations relayées par Le ParisienDirect. Incendies : « La situation demeure très défavorable », affirme Laurent Nuñez
  2. Le MondeEn direct, incendies : une situation très défavorable en France
  3. Bordeaux MétropoleIncendies en Gironde : accueil des personnes évacuées et collecte de dons
  4. CHU de BordeauxIncendies en Gironde : le CHU de Bordeaux amplifie sa mobilisation
  5. Atmo Nouvelle-AquitaineIncendies en Gironde et dans les Landes : suivi de la qualité de l’air