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Incendie de Saumos : au Cap-Ferret, plus de 1 000 personnes évacuées par la mer

La presqu’île a été entièrement évacuée vendredi matin : plus de 1 000 personnes sont parties par bateau et environ 12 000 par la RD106.

Évacuation maritime au Cap-Ferret

Vendredi 24 juillet à midi, la commune de Lège-Cap-Ferret annonçait que la presqu’île avait été totalement évacuée. Plus de 1 000 personnes avaient quitté les lieux par bateau et environ 12 000 par la route. Le bilan de la mi-journée repris par la Gendarmerie nationale portait à plus de 12 500 hectares la surface parcourue par l’incendie parti de Saumos, toujours difficile à maîtriser.

Les habitants ne pourront pas regagner leur domicile avant plusieurs jours, prévient la mairie. La route demeurait accessible vendredi à midi dans le sens Lège-Bordeaux, mais fermée à la circulation entrante. Les personnes concernées doivent consulter les consignes actualisées de la commune avant tout déplacement.

Après le franchissement de la ligne de défense et l’ordre d’évacuer toute la presqu’île, l’évacuation a mis en pratique un dispositif préparé depuis les feux de 2022 pour répondre à une vulnérabilité très locale : comment faire sortir rapidement une population estivale nombreuse d’un territoire boisé qui dépend largement d’une seule route ?

Lège-Cap-Ferret compte 7 909 habitants permanents, selon l’Insee. La population présente à la fin du mois de juillet est toutefois bien plus nombreuse. La commune recensait 12 077 logements en 2023, dont 65,4 % de résidences secondaires ou occasionnelles. S’y ajoutent les occupants des campings et hôtels, les visiteurs à la journée et les salariés qui travaillent sur la presqu’île.

Cette population est répartie dans une succession de villages entre forêt, bassin et océan. Claouey, Les Jacquets, Petit et Grand Piquey, Piraillan, Le Canon, L’Herbe, La Vigne et le Cap-Ferret s’égrènent le long de la RD106. En été, l’axe connaît déjà une circulation dense. Lors d’un incendie, il doit accueillir à la fois les véhicules des personnes évacuées et ceux des secours.

Les ordres ont donc été échelonnés au cours de la nuit. À 2 h 45, les habitants de Claouey, du Four, des Jacquets et des deux Piquey ont été invités à partir. À 4 h 15, l’évacuation a été étendue de Piraillan à La Vigne, puis au Cap-Ferret à 5 h 30. Des bus ont parcouru les villages, tandis que le CCAS contactait les personnes vulnérables pour leur proposer un transport adapté.

À 6 h 30, la préfecture a annoncé l’ouverture de navettes maritimes entre 7 et 10 heures pour les habitants sans véhicule. Quatre points d’embarquement avaient été retenus : les jetées de Grand Piquey et du Canon, le port de La Vigne et Bélisaire. À midi, plus de 1 000 personnes avaient utilisé cette seconde voie de sortie.

La mer n’a donc pas remplacé la RD106. Elle l’a complétée pendant que celle-ci restait praticable vers le nord du bassin. Environ 12 000 départs ont été recensés par la route, soit plus de dix fois le nombre de passagers évacués par bateau. Mais sans les navettes, les personnes dépourvues de voiture auraient dû dépendre entièrement des bus, de proches ou des véhicules mobilisés par les services publics.

La Gendarmerie nationale a engagé 440 militaires en Gironde. Des unités mobiles, un hélicoptère, deux drones, une embarcation de la gendarmerie maritime et la brigade nautique d’Arcachon ont participé à la sécurisation des zones et aux évacuations. La navigation de loisir et commerciale a été interdite dans le bassin afin de réserver le plan d’eau aux opérations.

Ce dispositif maritime avait été adopté par l’État en juillet 2023, après les incendies qui avaient frappé la Gironde l’année précédente. À pleine capacité, il prévoit l’évacuation de 10 000 à 14 000 personnes en vingt-quatre heures, en donnant la priorité aux personnes vulnérables. Les navires à passagers de l’Union des bateliers arcachonnais doivent assurer l’essentiel de cette capacité.

Le scénario prévu en 2023 était plus sévère encore : utiliser la mer si l’avancée d’un incendie coupait la RD106 et isolait une partie de la presqu’île. Vendredi matin, la route est restée ouverte dans le sens de l’évacuation. Les bateaux ont donc servi de renfort aux personnes sans véhicule, et non de solution principale. L’opération a néanmoins montré que les jetées, les navires et les équipes à terre pouvaient être mobilisés ensemble dans une crise réelle.

Les ordres de départ ont été donnés tôt parce qu’une telle évacuation prend des heures, même lorsque les flammes ne menacent pas encore chaque quartier. Il faut libérer la route, prévenir les habitants, transporter ceux qui ne peuvent pas partir seuls et empêcher de nouveaux véhicules d’entrer. Attendre que le feu atteigne la presqu’île aurait réduit le temps disponible au moment même où la circulation devenait la plus difficile.

Les fumées ont ajouté une autre contrainte vendredi. Atmo Nouvelle-Aquitaine a signalé un épisode de pollution aux particules PM10 en Gironde et une hausse des concentrations de PM2,5. L’organisme recommande d’éviter l’exposition aux fumées et de consulter en cas de symptômes, particulièrement pour les enfants, les personnes âgées et celles souffrant de maladies respiratoires ou cardiovasculaires.

Le retour des habitants dépendra désormais de la stabilisation du feu, de la sécurité de la RD106 et de la possibilité de rouvrir les villages sans provoquer de nouveaux déplacements précipités. Plus de 1 000 personnes ont ainsi quitté la presqu’île sans rejoindre la colonne de véhicules. La prochaine décision attendue sera la réouverture de la RD106 pour le retour des habitants.

Sources consultées
  1. Ville de Lège-Cap-FerretInformation importante incendie
  2. Gendarmerie nationaleNouvelle-Aquitaine : engagement majeur de la Gendarmerie nationale sur le front des incendies en Gironde et dans les Landes
  3. Préfecture de la GirondeLe plan d’évacuation de la presqu’île de Lège-Cap-Ferret par voie maritime en cas d’incendie de forêt
  4. InseeComparateur de territoires, commune de Lège-Cap-Ferret
  5. Atmo Nouvelle-AquitaineIncendies en Gironde et dans les Landes : suivi de la qualité de l’air