
À la fin de 2025, Bordeaux Métropole comptait 337 760 salariés privés, presque autant que trois mois plus tôt et 0,5 % de plus qu’un an auparavant. Le chiffre de 444 084 « emplois privés » mis en avant par la collectivité est plus large : il additionne ces salariés, 7 805 intérimaires et 98 519 entrepreneurs individuels. Le total résiste, mais ses trois composantes prennent désormais des directions très différentes.
La rupture la plus nette concerne l’intérim. Ses effectifs ont chuté de 46 % en un trimestre et de 34 % en un an. Le précédent baromètre métropolitain en recensait encore 12 533 au deuxième trimestre 2025, contre 7 805 à la fin de l’année. La baisse ne repose donc pas sur une seule comparaison trimestrielle. Plus sensibles aux variations de l’activité, les postes intérimaires sont souvent les premiers supprimés lors d’un retournement.
Le BTP recule lui aussi, moins brutalement. Au quatrième trimestre 2025, le secteur comptait 23 010 salariés privés dans la métropole, en baisse de 2,6 %, ainsi que 7 667 indépendants, en recul de 1,6 %. Les offres d’emploi diminuaient également de 11,7 %. La construction représente 6,7 % de l’emploi salarié privé métropolitain, mais sa faiblesse touche 2 662 établissements, des entreprises de travaux publics aux artisans du bâtiment.
L’immobilier d’entreprise révèle une autre forme d’attente. Au premier trimestre 2026, la demande placée de bureaux, qui mesure les surfaces louées ou vendues à leurs utilisateurs, a atteint 30 000 m², moitié moins qu’un an auparavant. Elle a aussi reculé de 35 % pour les entrepôts et de 52 % pour les locaux d’activité. Dans le même temps, 295 000 m² de bureaux étaient disponibles sous un an, soit 10 % de plus, tandis que les loyers affichés évoluaient peu. Le marché compte donc moins de transactions et davantage de surfaces disponibles, sans baisse rapide des loyers affichés.
Bordeaux n’est pas isolée. Dans huit grandes villes régionales françaises, la demande placée de bureaux a reculé de 36 % sur un an au premier trimestre, tandis que l’offre disponible à un an progressait de 15 %.
La métropole attire encore des projets : quinze décisions d’implantation ont été annoncées, une de plus qu’un an auparavant, pour 240 emplois prévus à trois ans, de Mérignac à Lormont. Rapportés aux 337 760 salariés privés de la métropole, ces emplois restent modestes. Les embauches enregistrées au quatrième trimestre 2025 ont également progressé de 8,6 % sur un an. Ces résultats excluent un décrochage général, mais ne suffisent pas à effacer les reculs de l’intérim, du BTP et de l’immobilier d’entreprise.
Bordeaux conserve donc sa base d’emplois. Le coup de frein se voit d’abord dans les agences d’intérim, sur les chantiers et dans les 295 000 m² de bureaux disponibles sous un an.
Sources consultées
- Bordeaux MétropoleBaromètre économique métropolitain, 1er trimestre 2026
- Bordeaux MétropoleBaromètre économique de Bordeaux Métropole, données du troisième trimestre 2025
- Insee1er trimestre 2020 : l’emploi salarié chute, l’intérim s’effondre
- BNP Paribas Real EstateFrance, huit villes, marché des bureaux au premier trimestre 2026