
La Safer Nouvelle-Aquitaine commence à examiner 430 dossiers portant sur environ 4 400 hectares et plus de 6 500 parcelles dans le vignoble girondin. Ce tri doit préparer les premières acquisitions de la Foncière d’avenir, espérées d’ici à la fin de 2026.
Ces 4 400 hectares ne forment pas un domaine prêt à changer de mains. L’inventaire mêle 1 822 hectares déjà arrachés, 1 204 hectares de vignes en production, 401 hectares promis à l’arrachage cette année, mais aussi des terres en multiculture, des prés, des jachères, des bois et quelques vergers. Il décrit une offre foncière dispersée et hétérogène, pas la future propriété de la Foncière.
Le tri commencera par les parcelles arrachées, les friches viticoles et les terres détenues par leurs exploitants. Deux autres critères compteront ensuite : la vente doit contribuer au désendettement de l’exploitation et une autre activité agricole doit pouvoir fonctionner sur le terrain. Une parcelle isolée, mal desservie ou sans repreneur peut valoir peu pour un nouveau projet. Plusieurs parcelles rapprochées peuvent, en revanche, former un ensemble exploitable.
La Foncière pourra donc acheter ou échanger des terres, les porter pendant une durée encore indéterminée et tenter de former des ensembles assez vastes et continus pour être exploités. L’accès à l’eau, la qualité des sols, les règles d’urbanisme, les contraintes environnementales et la présence d’un débouché compteront autant que le prix. Le dispositif pourra aussi consolider des exploitations viticoles par des échanges de parcelles, sans nécessairement faire sortir toutes les terres de la vigne.
La société doit être dotée d’un capital initial de 20 millions d’euros, apporté par un tour de table associant l’État, la Région, les chambres consulaires et quatre banques. Cette somme n’est pas comparable directement aux 4 400 hectares recensés : les biens proposés n’ont ni le même usage, ni la même valeur, ni les mêmes chances d’être retenus. Le nombre d’hectares que la Foncière pourra porter simultanément, comme la durée de ce portage, n’a pas encore été publié.
L’outil tente de combler une faiblesse des plans d’arrachage. Environ 21 000 hectares de vignes ont disparu en Gironde entre août 2023 et mai 2026, aides publiques et arrachages non subventionnés compris. Quelque 8 000 hectares supplémentaires pourraient suivre pendant la campagne 2026-2027. Retirer les ceps réduit la production, mais ne crée ni repreneur, ni filière, ni exploitation viable.
La DRAAF a pu suivre le nouvel usage de 4 714 hectares entre 2022 et 2025. Environ 83 % sont devenus des jachères, des prairies ou des surfaces non exploitées. La diversification cultivée identifiée représente 574 hectares, surtout en céréales, oléagineux et fourrages. Ces chiffres ne couvrent pas toutes les terres arrachées, mais ils montrent que la reconversion agricole ne naît pas automatiquement du retrait de la vigne.
La Foncière doit être créée à l’automne. Dans l’intervalle, l’Établissement public foncier de Nouvelle-Aquitaine pourra assurer le portage des premières acquisitions. Le prochain comité de pilotage devra adopter les statuts et sélectionner les premiers biens à acheter parmi les 6 500 parcelles recensées.
Sources consultées
- Préfecture de la région Nouvelle-AquitaineFoncière d’avenir en Gironde : le comité de pilotage valide les priorités d’actions et les suites à donner à l’appel à manifestation d’intérêt
- Safer Nouvelle-AquitaineNotice de l’Appel à manifestation d’intérêt « Foncière d’Avenir en Gironde »
- DRAAF Nouvelle-Aquitaine, AgresteLa filière viticole girondine : chiffres clés