
Le ralentissement s’installe dans les comptes des entreprises girondines. Au deuxième trimestre 2026, la baisse de la demande reste la difficulté la plus citée par les dirigeants, tandis que les carnets de commandes et les trésoreries se dégradent nettement.
Le baromètre de la CCI Bordeaux Gironde repose sur les réponses de 600 chefs d’entreprise interrogés entre le 29 juin et le 7 juillet. Parmi eux, 94 % signalent au moins une difficulté. Ce chiffre recouvre toutefois des problèmes de gravité très différente. Il ne signifie pas que 94 % des entreprises sont menacées.
Les indicateurs d’activité sont plus instructifs. Entre les deux premiers trimestres de l’année, le solde d’opinion sur le chiffre d’affaires recule de -23 à -27, celui des carnets de commandes de -17 à -28 et celui de la trésorerie de -29 à -38. Ces soldes mesurent l’écart entre les dirigeants constatant une amélioration et ceux observant une dégradation.
La demande était déjà la première difficulté citée au premier trimestre, par 41 % des répondants. Elle le reste au deuxième, à 40 %, devant l’inflation, à 30 %. Le changement n’est donc pas un soudain basculement des préoccupations. Il tient à la persistance du manque de clients et à sa transmission vers les commandes, les liquidités et les décisions d’investissement.
Les cafés, hôtels et restaurants concentrent les résultats les plus dégradés. Leur solde relatif au chiffre d’affaires tombe à -50 et celui de la trésorerie à -57. Seuls 42 % des dirigeants du secteur se disent confiants dans la pérennité de leur entreprise. Dans le bâtiment et les travaux publics, le point faible se trouve surtout dans les marges, à -42.
Le contraste apparaît aussi entre les répondants des arrondissements de Bordeaux et d’Arcachon. Autour de Bordeaux, le solde d’opinion sur la trésorerie atteint -46 et seuls 12 % des répondants disent avoir investi pendant le trimestre. Ils ne sont plus que 7 % à prévoir un investissement au troisième trimestre. Autour d’Arcachon, la trésorerie est moins dégradée, à -28, et 23 % des répondants ont investi. Là aussi, les intentions retombent à 14 % pour l’été.
Quand les ventes ralentissent, les entreprises protègent leur trésorerie et reportent leurs investissements. Cette retenue peut ensuite réduire les commandes adressées à d’autres entreprises du département. Sur l’ensemble de la Gironde, 16 % des répondants ont investi au deuxième trimestre et 12 % prévoient de le faire au troisième.
L’emploi suit avec un décalage. Dix-neuf pour cent des établissements interrogés ont eu un projet de recrutement. Parmi ces projets, 39 % avaient entièrement abouti au début de juillet et 22 % restaient en cours. Cette retenue prolonge le recul des intentions d’embauche déjà observé en Gironde en 2026.
Les défaillances offrent un autre indicateur de cette fragilité. La Gironde en a enregistré 2 410 entre mai 2025 et avril 2026, soit 16,5 % de plus que durant les douze mois précédents. La hausse nationale était de 4,6 % sur la même période.
La Banque de France estime pourtant que l’économie française a progressé de 0,2 % au deuxième trimestre. Cette légère croissance nationale n’efface pas le recul des commandes ni la dégradation des trésoreries déclarés en Gironde.
Pour les cafés, hôtels et restaurants girondins, l’été n’est pas anticipé comme un rebond acquis. Leur prévision de chiffre d’affaires reste à -53 pour le troisième trimestre, et seuls 8 % envisagent alors d’investir.