À Saint-Pierre-d’Aurillac, la future maison de santé sort du dossier pour entrer dans le marché public. La communauté de communes du Réolais en Sud-Gironde lance la construction d’un bâtiment pluridisciplinaire rue des Coopératives, au cœur d’un petit bourg de Garonne où l’accès aux soins se joue aussi dans l’immobilier.
Le projet n’a rien d’un grand équipement hospitalier. Il prévoit 254,8 m², trois cabinets de consultation de 21 m² chacun, un cabinet infirmier, une salle d’urgence, une salle d’attente et des circulations pensées pour éviter que des patients contagieux croisent les autres malades. L’ouverture est annoncée pour 2027. La maison de santé existe déjà comme équipe, au 7 rue de la Gare, sous le nom Que Va Lusir de la Pluma. Ce qui change, c’est le lieu, le statut du bâti et la promesse faite aux soignants: des locaux adaptés, portés par la collectivité, loués à des professionnels qui n’ont pas à porter seuls le poids des murs.
Ce choix dit beaucoup de la façon dont les territoires ruraux essaient désormais de tenir leur offre médicale. Le Réolais ne construit pas seulement des cabinets. Il fabrique une condition matérielle d’installation. La communauté de communes restera propriétaire, comme elle l’est déjà à La Réole, et proposera les espaces en location. Dans un secteur où un départ en retraite peut bouleverser des milliers de parcours de soins, le bâtiment devient un outil de politique publique presque aussi important que la plaque du médecin sur la porte.
La délibération communautaire de novembre 2024 montre un projet volontairement simple: plain-pied, évolutif, extensible si de nouveaux praticiens arrivent, situé près de l’école, de l’accueil de loisirs, du restaurant scolaire et de la petite enfance. Cette proximité n’est pas un détail de plan-masse. Elle inscrit la santé dans un petit faisceau de services quotidiens, ceux que les familles utilisent sans forcément les nommer comme une politique d’aménagement.
Le calendrier arrive après plusieurs alertes locales. En janvier 2024, les élus communautaires décrivaient les difficultés de la maison de santé rurale de La Réole: départs en retraite, associés moins nombreux, professionnels attirés par des territoires voisins mieux classés fiscalement. Le Réolais a depuis obtenu le classement France Ruralités Revitalisation pour ses 41 communes, avec des avantages possibles pour les professionnels de santé. Le bâtiment de Saint-Pierre-d’Aurillac s’ajoute à cette boîte à outils: incitations fiscales, exercice coordonné, locaux maîtrisés, accueil de praticiens.
Le coût global de construction n’est pas encore publié dans les pièces accessibles. Le budget annexe voté en 2024 pour la maison de santé de Saint-Pierre-d’Aurillac s’équilibrait seulement à 21 060 euros en fonctionnement et 21 060 euros en investissement, ce qui relevait davantage de la mise en route administrative que du chantier lui-même.
La décision reste modeste par sa taille, mais elle est précise dans son mécanisme. Dans le Sud-Gironde, rapprocher les droits, les soins et les services ne passe pas toujours par une grande annonce: cela passe aussi par des portes plus proches, des loyers possibles, des cabinets bien placés, et un bâtiment assez souple pour ne pas devenir trop vite trop petit. À Saint-Pierre-d’Aurillac, la santé de proximité se joue maintenant sur 254,8 m², rue des Coopératives.
Sources consultées
- BOAMPConstruction d’une Maison de Santé Pluridisciplinaire à Saint-Pierre d’Aurillac (33190)
- Communauté de communes du Réolais en Sud-GirondeSanté
- Communauté de communes du Réolais en Sud-GirondeProcès-verbal du conseil communautaire du 28 novembre 2024
- Communauté de communes du Réolais en Sud-GirondeProcès-verbal du conseil communautaire du 25 janvier 2024