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À Issac, le bouclier d’ExoMars passe à l’intégration

En Gironde, ArianeGroup intègre le bouclier thermique qui devra protéger le rover européen Rosalind Franklin lors de son arrivée sur Mars.

Bouclier thermique spatial en intégration

Sur le site ArianeGroup d’Issac, à Saint-Médard-en-Jalles, le bouclier thermique avant de la capsule martienne ExoMars vient de changer de statut : sa structure de vol est entrée en salle blanche, où commencent les opérations de collage de sa protection thermique. Pour la Gironde spatiale, c’est une étape d’atelier sur une pièce qui devra réellement voler vers Mars.

La mission concernée est ExoMars Rosalind Franklin, conduite par l’Agence spatiale européenne, avec un lancement prévu fin 2028. Son objectif scientifique est connu : poser sur Mars un rover capable de forer jusqu’à deux mètres de profondeur pour chercher des indices de vie passée ou présente, dans des matériaux mieux protégés que la surface martienne des radiations et des conditions extrêmes. Mais avant d’analyser quoi que ce soit, il faut réussir l’entrée dans l’atmosphère martienne. Toute la science promise tient d’abord à cette traversée.

Le bouclier avant est la première barrière de la capsule. ArianeGroup indique qu’elle devra affronter une vitesse proche de 21 000 km/h et des températures pouvant atteindre 1 800 °C pendant l’entrée atmosphérique. La structure elle-même, fournie par Airbus Defence and Space Madrid, est un sandwich carbone et nid d’abeilles aluminium. À Issac, les équipes y collent des tuiles de protection thermique en Norcoat Liège HPK, un matériau à base de liège qualifié pour le spatial.

La nouveauté n’est pas l’invention du matériau ni la relance d’ExoMars, déjà actée. Elle se situe dans le passage du bouclier de vol à une phase d’intégration, après des essais vibratoires de recette réalisés sur les moyens d’essais du site. Ces tests servent à vérifier que la structure supportera les contraintes mécaniques du lancement et du trajet interplanétaire. La suite est plus minutieuse encore : le collage des protections thermiques, où la précision industrielle compte autant que la performance du matériau.

L’intérêt local tient à cette spécialisation. Le site d’Issac n’est pas seulement associé aux grands lanceurs : ArianeGroup le présente comme un site de composites haute performance, de protections thermiques, de contrôles non destructifs et de boucliers de rentrée pour sondes spatiales. Pour ExoMars, l’entreprise fournit plusieurs éléments de protection de la capsule, du bouclier avant au joint thermique entre les deux boucliers.

Cette étape dit aussi quelque chose de la fragilité organisée des grandes missions spatiales européennes. ExoMars a été relancé après la rupture de la coopération avec la Russie, avec une nouvelle architecture industrielle et une contribution de la NASA, qui fournit notamment le service de lancement par Falcon Heavy, des moteurs de descente et des éléments de chauffage et d’instrumentation. Dans cette chaîne recomposée, Issac prend une place très précise : faire en sorte qu’une capsule survive assez longtemps à Mars pour que le rover puisse commencer son vrai travail.

ArianeGroup ne publie pas, à ce stade, de mesure indépendante détaillée sur les essais du bouclier de vol. Mais le niveau de maturité est clair : la pièce entre dans son intégration de vol, sur un site girondin dont le savoir-faire se juge à une contrainte simple et brutale. Pendant quelques minutes, entre 21 000 km/h et 1 800 °C, il faudra que le collage, les matériaux et les contrôles tiennent ensemble.

Sources consultées
  1. ArianeGroupExoMars : le bouclier thermique de vol entre en phase d’intégration
  2. ArianeGroupPrincipaux sites industriels d’ArianeGroup
  3. ESAExoMars Factsheet
  4. ESAExoMars Rosalind Franklin (RFM)