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À Bonzac, le futur pont devra rendre le passage sans devenir un axe lourd

Fermé depuis février 2024, le pont de la RD22 entre Saint-Denis-de-Pile et Bonzac entre en conception. Le Département prépare un nouvel ouvrage sur l’Isle.

Pont sur l’Isle

Le Département de la Gironde cherche désormais le maître d’œuvre du futur pont de la RD22 entre Saint-Denis-de-Pile et Bonzac. Cette étape doit faire passer le dossier d’un diagnostic de sécurité à un projet dessiné : un nouvel ouvrage sur l’Isle, des études techniques et environnementales, puis les autorisations nécessaires avant le chantier.

Le pont actuel n’est plus un ouvrage en attente de réparation. Fermé à toute circulation depuis le 16 février 2024, il doit être déconstruit. Les investigations menées avec le Cerema ont confirmé une dégradation plus rapide que prévu, avec de la corrosion sur la charpente, les câbles, les suspentes et les pylônes, ainsi que des problèmes d’étanchéité du tablier. Le Département l’a classé 3U dans la méthode IQOA, la catégorie la plus dégradée, celle d’un ouvrage dont la structure porteuse est gravement altérée. Le risque d’effondrement sous son propre poids a ensuite été qualifié de “modéré mais réel” dans le bilan de concertation.

La fermeture a coupé un passage ancien entre les deux rives. Avant 2024, environ 3 000 véhicules par jour empruntaient ce pont suspendu reconstruit entre 1938 et 1941. Depuis, les trajets passent par les déviations de la RD138, de Galgon, des Billaux, de Guîtres ou de la RD910, selon les sens de circulation. Pour les habitants, ce n’est pas seulement quelques minutes perdues : c’est un lien local qui disparaît du quotidien, avec des effets assez sensibles pour que le Département ait prévu une commission d’indemnisation amiable pour les professionnels touchés à Saint-Denis-de-Pile.

La reconstruction ne vise pourtant pas à restituer exactement l’ancien usage. Le futur pont devra rétablir une circulation à double sens, mais avec une limitation annoncée à 19 tonnes et 30 km/h. L’arbitrage est net : rendre le franchissement aux déplacements locaux sans laisser la RD22 absorber les trafics les plus lourds. Le site l’impose aussi. Côté Saint-Denis-de-Pile, l’arrivée sur la RD910 se fait dans un espace serré, avec environ 7,80 mètres entre les bâtis. Des bandes ou une piste cyclable continue ne sont donc pas jugées réalistes. Le Département garde en discussion deux solutions d’aménagement : une zone 30 ou un chaussidou.

Le choix du pont lui-même reste à trancher. La réhabilitation de l’ouvrage actuel a été écartée en raison de son état, de son niveau de service et de son coût. Un nouveau pont suspendu, présenté pour mémoire, a lui aussi été abandonné pour son coût de construction et d’entretien. Les études doivent désormais départager deux familles : un pont de type Warren, à treillis métallique, ou un Bow-String, reconnaissable à son arc. Dans tous les cas, le futur ouvrage devra garder une portée d’au moins 60 mètres et éviter toute pile dans le lit de l’Isle, afin de ne pas gêner l’écoulement des crues.

Le calendrier donne la mesure d’un petit pont devenu un gros dossier public : maîtrise d’œuvre et études en 2026, déconstruction en 2027, reconstruction prévue en 2028-2029. Le coût du futur ouvrage n’est pas encore publié dans les documents consultés. Ce qui est déjà visible, en revanche, c’est la mécanique locale d’un pont vieillissant : on surveille, on limite, on ferme, puis il faut des années pour redonner un passage sûr entre Saint-Denis-de-Pile et Bonzac.

Sources consultées
  1. BOAMPRD22 - Communes de Saint-Denis-de-Pile et Bonzac - Maîtrise d’œuvre pour la reconstruction du pont de Saint-Denis-de-Pile à Bonzac - Réf. 2384
  2. Département de la GirondePont de Bonzac à Saint-Denis-de-Pile - Le Département de la Gironde annonce le démontage du pont et sa reconstruction
  3. Département de la GirondeLes routes et ponts
  4. Département de la GirondeBilan de concertation - Saint-Denis-de-Pile à Bonzac - décembre 2025