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En Gironde, réparer un pont commence parfois par analyser sa peinture

Le Département lance des diagnostics amiante et plomb sur les parties métalliques de ses ouvrages d’art, avant de futurs chantiers d’entretien.

Pont métallique en Gironde

Avant de décaper, repeindre ou réparer une partie métallique d’un pont, il faut parfois commencer par prélever de la peinture. Le Conseil départemental de la Gironde ouvre un accord-cadre pour réaliser des diagnostics amiante et plomb sur les parties métalliques de ses ouvrages d’art : ponts, buses, éléments mixtes métal-béton, petits franchissements que l’on remarque à peine en roulant.

L’accord-cadre est découpé en deux lots, chacun plafonné à 120 000 euros hors taxes, soit 240 000 euros HT au maximum. Le premier couvre les secteurs du Médoc, de la Haute-Gironde et du Libournais. Le second concerne les Graves-Entre-Deux-Mers, le Sud-Gironde et le Bassin d’Arcachon. Les prestations sont prévues à partir du 1er novembre 2026, pour un an, avec trois reconductions possibles. Les offres doivent être déposées avant le 30 juillet.

La liste des ouvrages concernés n’est pas publiée avec l’avis. Ce manque empêche de dire si tel pont précis sera sondé. Mais l’échelle départementale donne déjà le sens du sujet. La Gironde compte 6 400 km de routes départementales, 400 km de pistes cyclables et environ 2 000 ouvrages d’art. Hors métropole, le Département recense 1 770 ponts, 390 murs de soutènement et un tunnel de piste cyclable. Dans ce stock figurent 46 ponts métalliques, 88 ponts mixtes métal-béton et 160 buses métalliques ou béton, ces petites structures qui permettent à une route de passer au-dessus d’un ruisseau ou d’un fossé.

Ce diagnostic prépare la réparation avant le chantier lui-même. À partir du 1er juillet 2026, le repérage de l’amiante avant travaux s’appliquera aux ouvrages de génie civil, aux infrastructures de transport et aux réseaux. Pour le plomb, le cadre n’est pas identique à celui de l’amiante, mais le maître d’ouvrage doit tout de même intégrer le risque avant intervention. Les anciennes peintures anticorrosion, notamment sur des éléments métalliques, peuvent contenir du plomb. Des matériaux ou revêtements anciens peuvent aussi contenir de l’amiante.

Pour l’usager, le diagnostic n’a rien d’un message d’alerte lorsqu’il traverse un pont. Le risque se joue surtout au moment du chantier : ponçage, décapage, découpe, démontage, gestion des poussières, évacuation des déchets. Un résultat positif change la méthode de travail, les protections des ouvriers, les délais et parfois le coût. Un diagnostic fait trop tard peut arrêter un chantier ou le renchérir.

La Gironde a déjà renforcé la surveillance de ses ponts. En 2025, le Département annonçait un plan ponts avec un budget d’investissement porté à 4,6 millions d’euros, contre 2,2 millions en 2024, et un budget de fonctionnement de 1,68 million d’euros. Le vieillissement, les épisodes climatiques plus violents, le trafic et le poids des véhicules accélèrent l’usure d’ouvrages souvent conçus pour une autre époque. Comme pour les forages du pont de pierre de Bordeaux, la partie visible du chantier arrive après une longue préparation.

Ce marché ne réparera donc aucun pont à lui seul. Il évite plutôt de réparer à l’aveugle. Sur les routes girondines, l’avenir d’un franchissement peut commencer dans un échantillon de peinture, avant le premier coup de décapeuse.

Sources consultées
  1. France Marchés, reprise de l’avis BOAMP n°26-62615Avis de marché, “Prestations de Diagnostics Amiante et Plomb sur les parties métalliques des Ouvrages d’Art du Département de la Gironde Réf.2397”
  2. Département de la GirondeLes routes et ponts
  3. Département de la GirondeLes ponts en Gironde, dossier de presse, juin 2025
  4. LégifranceArrêté du 4 juin 2024 relatif au repérage de l’amiante avant certaines opérations réalisées dans les immeubles autres que bâtis
  5. INRSInterventions sur les peintures contenant du plomb, ED 6374