Le budget 2026 de la Gironde a reçu le feu vert de la Chambre régionale des comptes après son revote du 8 juin. Dans un avis délibéré le 17 juin, la CRC juge suffisantes les corrections votées par le Conseil départemental, ne propose pas à la préfète de régler le budget à la place des élus et clôt la procédure ouverte au printemps.
Pour les Girondins, cela ne change pas directement le montant d’une allocation, l’état d’une route ou la vie d’un collège. Mais cela change qui tient le budget : le Département peut reprendre l’exécution normale de ses 1,8 milliard d’euros, avec les 54 millions d’euros d’effort financier annoncés dans son plan de retour à l’équilibre.
La séquence n’était pas une querelle de virgules. Le premier budget 2026, voté le 13 avril, avait été transmis à la CRC après un vote en déséquilibre. En mai, la chambre avait recalculé le déficit 2025 à 136,6 millions d’euros, contre 38,6 millions dans les comptes départementaux, notamment à cause des 86 millions d’euros de dépenses à rattacher. Ces dépenses, surtout liées aux solidarités, devaient selon la CRC être rattachées à l’exercice 2025, même si le Département les avait prévues en paiement en 2026.
Le budget n°2 ne réécrit pas la carte des politiques départementales. Les ajustements présentés par le Département portent sur 15,2 millions d’euros, soit 0,84 % du budget : 10 millions de besoins supplémentaires liés au RSA, 4,5 millions de recettes en moins sur la taxe d’aménagement, et plusieurs corrections comptables demandées par la chambre.
La CRC valide donc la correction, mais pas l’idée que le problème serait derrière la Gironde. Dans son deuxième avis, le résultat consolidé du nouveau budget ressort encore à -114,3 millions d’euros. La chambre maintient aussi que le retour à l’équilibre ne peut pas être envisagé avant 2029. La procédure est close ; la trajectoire, elle, reste sous surveillance.
Ce dossier montre ce qu’est vraiment un département quand les comptes se tendent. Une grande part de son budget ne relève pas du décor institutionnel : elle paie la solidarité, l’enfance, le handicap, les personnes âgées, l’insertion, la PMI, les collèges, les routes, les aides aux communes. En 2025, les dépenses de solidarité ont atteint 1,2 milliard d’euros en Gironde, avec un rattrapage de paiements dans la protection de l’enfance.
En face, les recettes départementales restent très variables. Les droits de mutation ont rapporté 427 millions d’euros en 2025, portés par la reprise immobilière. Mais la taxe d’aménagement, qui finance notamment les espaces naturels sensibles et le conseil aux communes via le CAUE, est tombée à 4,7 millions d’euros alors que le Département l’attendait plutôt entre 12 et 15 millions.
La validation de la CRC ne donne donc pas des marges nouvelles. Elle évite une reprise en main par la préfète et rend au Département la responsabilité de tenir l’année budgétaire. En Gironde, cela se verra moins dans le vocabulaire du contrôle financier que dans les paiements, les arbitrages et les services qui continuent depuis l’Hôtel du Département, à Bordeaux.
Sources consultées
- Chambre régionale des comptes Nouvelle-AquitaineDépartement de la Gironde (Gironde) (2e avis) - Avis budgétaire 2026-0069
- Chambre régionale des comptes Nouvelle-AquitaineAvis 2026-46 - Département de la Gironde - Budget primitif 2026
- Département de la GirondeLe budget 2026 proposé par le Département est validé par la CRC
- Département de la GirondeDossier de presse - Séance plénière du 8 juin 2026 - CFU 2025 et Budget primitif n°2