La médecine nucléaire se rapproche du Bassin d’Arcachon. Un avis de marché publié le 19 juin lance la construction d’un bâtiment dédié, avec trois salles, sur le site de l’avenue Jean-Hameau à La Teste-de-Buch, là où se trouve déjà le pôle de santé d’Arcachon.
La procédure est portée par le GCS Centre de médecine nucléaire Arcachon. Les entreprises ont jusqu’au 22 juillet 2026 à midi pour déposer leur candidature. Le coût du projet et son calendrier d’ouverture ne figurent pas dans l’avis, qui affiche seulement la mise en concurrence pour construire le bâtiment.
Ces trois salles comptent parce que la médecine nucléaire n’est pas un examen d’imagerie ordinaire ajouté au bout d’un couloir. Le code de la santé publique en fait une activité autorisée par site géographique, avec au moins une caméra de tomographie d’émission mono-photonique ou une caméra à émission de positons. En clair, il faut un lieu, une autorisation, des équipements, des circuits patients et une organisation médicale suffisamment robuste. Pour le site arcachonnais, c’est une marche de spécialisation de plus.
Le montage avance par étapes. Dès 2024, le Centre hospitalier d’Arcachon indiquait vouloir constituer un service de médecine nucléaire à travers un groupement de coopération sanitaire. En février 2026, l’Agence régionale de santé Nouvelle-Aquitaine a approuvé la convention du GCS. Ses membres sont le Centre hospitalier d’Arcachon et le docteur Paul Ferenczi, médecin nucléaire. Il doit permettre de mettre en commun des moyens et d’exploiter ensemble l’autorisation d’activité.
Le lieu dit beaucoup de la géographie des soins en Gironde. Le pôle de santé d’Arcachon réunit sur le même site l’hôpital public et la clinique d’Arcachon. Il dessert le Sud Bassin, le Val de l’Eyre et le Nord des Landes, soit plus de 150 000 habitants, et jusqu’à 450 000 en haute saison. Son plateau médico-technique comprend déjà radiologie conventionnelle, échographie, scanner et IRM, en lien avec les radiologues libéraux pour les équipements lourds. La médecine nucléaire ajoute une capacité plus spécialisée, dans un territoire où un examen à Bordeaux ajoute trajet et organisation au parcours de soins.
Arcachon ne devient pas pour autant un CHU miniature. L’hôpital reste inscrit dans le GHT Alliance de Gironde, avec le CHU de Bordeaux comme établissement siège, et certains parcours spécialisés continueront de passer par la métropole. Mais le mouvement est net : le Bassin cherche à garder davantage de diagnostics et de prises en charge techniques au plus près de ses patients.
Ce chantier s’ajoute à d’autres dossiers de santé locaux. Fin 2025, l’ARS a annoncé 14,6 millions d’euros pour l’extension des urgences et la modernisation de la filière mère-enfant du Centre hospitalier d’Arcachon. En ville, Arcachon prépare aussi un centre de longévité et de médecine générale. La médecine nucléaire s’inscrit dans cette recomposition locale des soins : une ville littorale, touristique et vieillissante qui ne peut pas laisser toute la complexité médicale remonter vers Bordeaux.
Le prochain jalon tient dans une procédure de travaux, des candidatures et un bâtiment à faire sortir de terre avenue Jean-Hameau.
Sources consultées
- BOAMP, via reproduction France MarchésAvis de marché n°26-61149, construction d’un bâtiment de médecine nucléaire
- Préfecture de région Nouvelle-Aquitaine / ARS Nouvelle-AquitaineDécision n°2026-021 portant approbation de la convention constitutive du GCS Centre de médecine nucléaire Arcachon
- Centre Hospitalier d’ArcachonChiffres clés 2024, présentation du Centre Hospitalier d’Arcachon
- LégifranceCode de la santé publique, activité de médecine nucléaire
- APM / Société Française de Médecine d’UrgenceLe CH d’Arcachon a obtenu près de 15 millions d’euros d’aides Ségur