Le Grand Cubzaguais lance le marché qui fera fonctionner son transport à la demande de 2027 à 2030. L’avis publié mi-juin prévoit un service public sur réservation, dans les 16 communes de l’intercommunalité, avec aussi certaines destinations extérieures fixées par le cahier des charges.
La nouveauté n’est pas l’apparition d’un service inconnu. Le transport à la demande existe depuis une quinzaine d’années dans le Grand Cubzaguais. Le marché en préparation organise sa prochaine séquence, à partir du 1er janvier 2027, pour un territoire de 38 196 habitants où la mobilité quotidienne ne se résume pas à une ligne de car régulière, au TER ou à la voiture individuelle.
Les chiffres donnent la bonne échelle. En 2024, le service a assuré 5 275 trajets, pour 244 usagers, avec trois minibus. C’est peu au regard d’un réseau urbain. C’est beaucoup quand on regarde ce que ces trajets remplacent: une voiture que l’on ne conduit plus, un proche qui n’est pas disponible, un rendez-vous médical, une course, une gare à rejoindre, un service administratif ou un marché.
Le dispositif actuel est réservé à des publics précis: personnes à mobilité réduite, plus de 75 ans ou en perte d’autonomie, personnes sans autonomie de déplacement, en insertion professionnelle ou en situation de précarité. Il ne fonctionne donc pas comme un transport universel ouvert à tous. Il sert plutôt de filet public là où une ligne régulière serait trop rigide et où le taxi serait trop cher pour des usages ordinaires.
La brochure 2025 du TAD montre cette géographie du besoin. À l’intérieur du Grand Cubzaguais, le service relie les communes à des destinations de proximité. Il permet aussi, aujourd’hui, d’atteindre la gare TER de Saint-André-de-Cubzac, des correspondances de cars régionaux et certaines destinations longues distances, notamment Blaye, Libourne, Bordeaux Métropole ou Lormont, pour des hôpitaux, cliniques, médecins spécialistes, France Travail ou autres services.
Le marché montre aussi comment ce petit service est organisé. La Région Nouvelle-Aquitaine demeure autorité organisatrice de la mobilité et conserve l’outil régional de réservation et de planification Cityway. Le Grand Cubzaguais gère le service sur son territoire, par délégation de compétence. Le futur prestataire, lui, exécutera les trajets, avec des prix unitaires et des bons de commande.
Le montant du futur accord-cadre n’apparaît pas dans l’avis publié. Mais l’économie actuelle du service est très subventionnée: dans son magazine communautaire de 2025, le Grand Cubzaguais indique que 4 % du coût reste à la charge de l’usager. Les tarifs en vigueur depuis septembre 2024 commencent à 2,50 euros l’aller simple en intra-Cubzaguais, avec un tarif solidaire à 0,40 euro sous conditions de ressources.
Son intérêt tient justement à sa petite échelle. Dans un territoire de bourgs, de routes et de déplacements dispersés, la mobilité publique ne se joue pas seulement dans les grandes infrastructures. Elle se joue aussi dans trois minibus, 244 usagers, et des trajets assez ordinaires pour ne pas faire de bruit, mais assez importants pour éviter qu’une absence de voiture coupe quelqu’un d’un soin, d’une gare ou d’un marché.
Sources consultées
- France Marchés, reproduction de l’avis BOAMP/TEDExécution de services publics de transport à la demande sur le territoire du Grand Cubzaguais Communauté de communes 2027 - 2030
- Grand Cubzaguais Communauté de communesSe déplacer dans le Grand Cubzaguais
- Région Nouvelle-Aquitaine / Grand CubzaguaisLe Transport à la Demande dans le Grand Cubzaguais Communauté de communes, mars 2025
- Grand Cubzaguais Communauté de communesGrand Mag n°14, mai 2025
- BANATIC, Ministère de l’IntérieurCC du Grand Cubzaguais
- CeremaLe transport à la demande en zone peu dense