Bordeaux Métropole cherche un prestataire d’assistance à maîtrise d’ouvrage pour ses projets photovoltaïques. Le marché, publié le 12 juin, est estimé à 800 000 € HT. Il doit durer 24 mois à partir du 1er décembre 2026, avec une reconduction possible. Les offres sont attendues jusqu’au 31 juillet à 16 heures.
La commande ne porte pas sur des panneaux solaires, mais sur le travail qui les rend possibles. L’accord-cadre doit accompagner des projets à mesure qu’ils seront lancés : analyser les sites, préparer les choix techniques, cadrer les consultations, éviter les opérations séduisantes sur le papier mais fragiles une fois arrivées sur une toiture, un parking ou un équipement public.
Une surface exposée au soleil n’est pas automatiquement une centrale. Il faut vérifier une charpente, un raccordement, des contraintes de sécurité, le passage des usagers, la maintenance, parfois le paysage ou le patrimoine. Sur un parking, il faut continuer à faire circuler les voitures. Sur une halle, il faut composer avec les usages du marché. Sur un bâtiment public, il faut intervenir sans transformer chaque chantier en casse-tête pour les occupants.
Bordeaux Métropole a déjà fixé la trajectoire. Elle vise 265 MWc de photovoltaïque d’ici 2028. La production solaire du territoire est passée de 67 GWh en 2019 à 150 GWh en 2023, soit 3,5 % de la consommation électrique métropolitaine. Ses projections évoquent 312 MWc possibles en 2028, à condition de mobiliser plusieurs familles de surfaces : grandes centrales connues, bâtiments publics et privés, projets de particuliers et surtout parkings. La Métropole identifie 93 hectares de parkings publics et privés, soit 13 % des parkings du territoire, comme réserve possible pour des projets solaires.
Le calendrier national renforce cette pression. Les parkings extérieurs existants de plus de 1 500 m² doivent progressivement être équipés d’ombrières produisant de l’énergie renouvelable sur au moins la moitié de leur surface, sauf exceptions. Pour les parkings non gérés en concession ou délégation, l’obligation arrive au 1er juillet 2026 à partir de 10 000 m², puis au 1er juillet 2028 entre 1 500 et 10 000 m².
À Bordeaux Métropole, cette assistance arrive au moment où le solaire quitte le registre de la promesse générale pour entrer dans celui des surfaces disponibles, des calculs de production, des contrats, des raccordements et des arbitrages d’usage. Après le Département, qui a mis vingt toitures publiques sur le marché du solaire, la Métropole travaille sur un terrain plus dense et plus dispersé.
L’avis ne donne pas encore la liste des sites concernés ni le coût futur des installations. Il montre déjà le basculement : dans la métropole bordelaise, le solaire public ne commence pas par un ruban inaugural, mais par une décision beaucoup plus sobre, toit par toit, parking par parking.