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Bordeaux Métropole cherche des habitants pour parler bus, tram et trajets du quotidien

Jusqu’au 21 juin, les habitants des 28 communes peuvent candidater au Comité des partenaires des mobilités de Bordeaux Métropole.

Illustration - Tram bordelais et habitants

Bordeaux Métropole ouvre aux habitants son Comité des partenaires des mobilités. Les candidats ont jusqu’au 21 juin 2026 pour remplir le formulaire d’inscription en ligne; la liste du collège des habitants sera ensuite établie par tirage au sort sous contrôle d’un huissier.

L’appel paraît modeste. Il touche pourtant un endroit précis de la décision métropolitaine: au moment où se discutent l’offre, la qualité de service et le financement. Le comité rend des avis. Il ne remplace pas les élus. Mais la loi impose désormais aux autorités organisatrices de mobilité de le consulter au moins une fois par semestre sur le niveau de l’offre, les renforcements prévus, les services nouveaux, la qualité, l’information des usagers, les recettes tarifaires et le versement mobilité payé par les employeurs.

À Bordeaux, ce n’est pas un décor abstrait. Le réseau TBM dessert 28 communes, avec 6 lignes de tram, 63 lignes de bus régulières, 3 liaisons fluviales et 29 parcs-relais. En 2024, il a porté 186 millions de voyages. Un avis sur “l’offre” ou sur “l’information des usagers” peut donc renvoyer à des choses très ordinaires: une correspondance trop courte, un bus rare en périphérie, une ligne saturée, une information de travaux mal lue, un trajet qui oblige encore à reprendre la voiture.

Le calendrier tombe dans une période de réglages successifs. Le baromètre métropolitain des mobilités du premier trimestre 2026 montrait un trafic routier globalement stable, une congestion encore légèrement dégradée, une fréquentation TBM en hausse de 1 %, le vélo à +3 % et le free-floating à +3 %. La ligne H du bus express a dépassé les 20 000 voyageurs en une journée le 26 mars. La future ligne I, entre Pellegrin, Thouars et Malartic, doit être mise en service fin 2027 ou début 2028, pour un coût prévisionnel de 112,4 millions d’euros hors taxes.

Le comité se place donc entre deux réalités: des projets coûteux, longs, techniques, et des usages qui se jugent à l’arrêt de bus, dans une rame, sur une piste cyclable ou au moment de franchir la rocade. Sa composition dit aussi quelque chose du modèle français des transports urbains. Depuis la version en vigueur au 16 février 2025 de l’article L1231-5 du Code des transports, les représentants des employeurs disposent d’au moins 50 % des sièges du comité. Les habitants y entrent, mais dans une salle où le financement par les employeurs occupe une place centrale.

Pour candidater, il faut être majeur, habiter l’une des 28 communes de Bordeaux Métropole, ne pas être agent de la Métropole, ne pas appartenir à un autre collège du comité et ne pas être membre d’une association dans le domaine de la mobilité. Ce dernier point est important: la Métropole ne s’adresse pas seulement aux associations spécialisées. Elle cherche aussi des usagers capables de raconter un trajet tel qu’il se passe vraiment, de Mérignac à Bordeaux, de Gradignan au campus, de la rive droite à la rive gauche.

Le nombre de sièges ouverts aux habitants n’est pas indiqué dans l’appel à candidatures. La portée de leur présence dépendra donc des sujets mis sur la table et de la manière dont les avis seront repris. Mais l’entrée est bonne: dans une métropole où les mobilités changent par couches, faire remonter les frottements du quotidien peut éviter que les décisions oublient ce qui se passe entre deux correspondances, deux communes ou deux horaires.

Sources consultées
  1. Bordeaux MétropoleMobilités : rejoignez le Comité des Partenaires de Bordeaux Métropole
  2. LégifranceCode des transports - Article L1231-5
  3. Se déplacer Bordeaux MétropoleLe Baromètre des Mobilités
  4. Keolis Bordeaux Métropole MobilitésChiffres clés 2025
  5. Bordeaux MétropoleLa ligne I : Pellegrin-Thouars-Malartic