Au Barp, la future usine Tessalia doit s’installer sur le site Laseris, dans le Val de l’Eyre. D’un côté, les pins. De l’autre, une promesse très industrielle: assembler et tester des composants électroniques avancés pour des marchés comme l’aérospatial, les télécoms, l’automobile, le médical ou l’industrie.
Le projet réunit trois partenaires de poids: Foxconn, géant taïwanais de la fabrication électronique, et les groupes français Thales et Radiall. Leur coentreprise veut produire en Gironde des composants System in Package, ou SiP, qui réunissent plusieurs fonctions électroniques dans un même boîtier compact.
L’usine ne fabriquera pas les puces à partir de silicium. Elle doit les assembler, les encapsuler et les tester avant leur intégration dans des équipements exigeants. Ce maillon, moins connu que les grandes usines de gravure, compte pourtant dans la chaîne des semi-conducteurs: sans assemblage fiable, sans test, sans packaging avancé, la puce reste loin de l’objet qui fonctionne.
Les chiffres annoncés donnent la taille de l’ambition: plus de 250 millions d’euros d’investissement d’ici 2033, un démarrage de production visé fin 2029, plus de 50 millions de composants SiP par an à terme et jusqu’à 800 emplois à pleine capacité. À ce stade, ces chiffres restent des objectifs, mais l’ordre de grandeur dépasse largement l’annonce économique ordinaire.
Le choix du Barp compte aussi parce qu’il déplace le regard hors de Bordeaux. Selon l’Agence de développement et d’innovation de Nouvelle-Aquitaine, plus de 60 sites français ont été examinés avant la décision finale. Le site Laseris s’inscrit dans un territoire déjà marqué par la Route des Lasers et par des activités de haute technologie discrètes, loin des images les plus connues de la Gironde.
Le mot “souveraineté” accompagne beaucoup de communiqués industriels. Ici, il a au moins un contenu concret: une partie de l’assemblage et du test de composants électroniques, encore largement appuyée sur des chaînes mondiales hors d’Europe, serait réalisée en Gironde. Ce n’est pas l’autonomie complète. C’est un morceau de capacité industrielle rapatrié sur un site précis.
Reste maintenant la vraie mesure du projet: tenir le calendrier, recruter les compétences, faire tourner les lignes, transformer les chiffres en emplois et les discours en production. Une première pierre ne fait pas encore une usine. Mais si Tessalia va au bout, Le Barp ne sera plus seulement un nom associé aux lasers et à la forêt: il deviendra aussi une adresse française du packaging avancé de semi-conducteurs. Ce qui, pour une commune de pins et de lasers, ferait une carte de visite assez pointue.
Sources consultées
- Invest in BordeauxTessalia a choisi la Gironde pour sa future usine : une implantation stratégique pour la souveraineté industrielle française et européenne
- ADI Nouvelle-AquitaineTessalia a choisi la Nouvelle-Aquitaine pour sa future usine
- Thales GroupFoxconn, Radiall and Thales inaugurate Tessalia to produce more than 50 million “made in Europe” components annually
- Commission européenneEuropean Chips Act