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Bordeaux Métropole sort les outils du mandat

Logements sociaux, centre ancien, Brazza : le conseil du 22 mai montre les premiers leviers urbains du nouveau mandat métropolitain.

Illustration - Conseil métropolitain et ville

À Bordeaux Métropole, un début de mandat peut se lire dans une autorisation, une concession relancée, un périmètre déclaré d’intérêt général. Le conseil du 22 mai a surtout montré cela : la nouvelle équipe ne part pas d’une page blanche, elle reprend les leviers qui fabriquent concrètement la ville.

Premier levier, le logement social. En 2025, la Métropole a agréé 2 427 logements locatifs sociaux, auxquels s’ajoutent 72 logements en accession sociale à la propriété. Cela représente 81 % de l’objectif annuel prévu par son programme local de l’habitat. Surtout, 73 % de ces logements ont été agréés dans des communes déficitaires au regard de la loi SRU, contre 69 % en 2024.

Le chiffre mérite mieux qu’une lecture comptable. À l’échelle nationale, près de 2,9 millions de ménages attendent un logement social. À Bordeaux Métropole, la question n’est donc pas seulement de produire. Elle est de produire là où le manque est le plus visible, dans une agglomération où la pression immobilière ne pèse pas partout de la même façon.

Deuxième levier, le centre ancien de Bordeaux. La Métropole relance la consultation pour la concession d’aménagement du centre historique, sur un périmètre d’environ 344 hectares et 41 500 logements. La concession actuelle arrive à échéance fin 2026. La suivante doit permettre de suivre les mutations immobilières, d’encourager les logements abordables, de lutter contre le mal-logement et de remettre en jeu des rez-de-chaussée vacants.

Troisième levier, Brazza. Sur la rive droite, les élus ont confirmé l’intérêt général de cette opération de 53 hectares d’anciennes friches industrielles et économiques, après enquête publique. Le quartier n’est pas une nouveauté. Mais il change d’étape : c’est souvent ainsi qu’un grand morceau de ville avance, moins par effet d’annonce que par empilement de décisions qui finissent par rendre les grues possibles.

Ce premier conseil dense depuis l’installation de la nouvelle mandature donne une indication nette. Le mandat Cazenave ne se jouera pas seulement dans les orientations politiques affichées, mais dans la capacité à tenir ces mécanismes jusqu’au bout : agréer, relancer, déclarer, financer, arbitrer.

Un audit financier prospectif a d’ailleurs été annoncé pour mesurer la capacité d’investissement de Bordeaux Métropole. Le sujet paraît austère, mais il dira vite quelles promesses peuvent tenir debout. En matière métropolitaine, les discours ouvrent les mandats. Les périmètres votés, eux, décident souvent de la suite.