À Audenge, l’ancien site d’enfouissement a changé de rôle. Il accueille aujourd’hui une centrale photovoltaïque et le centre technique de la COBAN, avec ses bacs, ses composteurs, ses contenants prêtés aux manifestations et la logistique des déchèteries. À Lège-Cap-Ferret, le lieu-dit Bredouille reste aussi lié au service déchets: des déchèteries y fonctionnent sur le site de l’ancienne décharge.
Un avis de marché publié le 15 mai ramène pourtant ces lieux à leur histoire d’origine. La Communauté d’agglomération du Bassin d’Arcachon Nord cherche une entreprise pour assurer le suivi, le traitement et la maintenance post-exploitation des anciens centres d’enfouissement d’Audenge et de Lège-Cap-Ferret.
Derrière l’intitulé technique, il y a une règle simple: un site fermé reste un site à entretenir. La post-exploitation, c’est cette maintenance d’après-fermeture: analyses d’eau, contrôle des écoulements, surveillance des ouvrages, surveillance des gaz lorsqu’il y en a, clôtures, couvertures, équipements à garder en état. Les lixiviats, ces liquides qui ont traversé les déchets enfouis, font partie des points à surveiller, car ils peuvent contenir certains polluants.
À Lège-Cap-Ferret, la fiche officielle des sols garde la mémoire du site de Bredouille: ancienne décharge d’ordures ménagères et assimilées exploitée à partir de 1981, remise en état après travaux, avec une surveillance semestrielle des eaux souterraines prescrite par arrêté préfectoral. À Audenge, l’ancien centre d’enfouissement a eu une histoire plus conflictuelle, avant sa reconversion partielle en parc solaire et en outil technique pour la collecte.
Le sujet n’appelle pas l’alarmisme. Il rappelle plutôt comment fonctionne un territoire: les déchets partent des maisons, mais ils ne quittent pas totalement les comptes, les sols et les responsabilités publiques. Autour du Bassin, où l’eau, les milieux naturels et l’attractivité résidentielle sont toujours proches les uns des autres, cette part discrète du service déchets compte aussi.
On parle plus facilement des nouveaux équipements, comme pour la future déchetterie de la route de Créon, que de ce qui reste à faire une fois les portails refermés. Ici, le marché raconte l’autre moitié de l’histoire: après la collecte et l’enfouissement, il reste des analyses, des pompes, des ouvrages à tenir, des prestataires à payer. Même rangée sous des panneaux solaires ou derrière une clôture, une ancienne décharge ne prend pas vraiment sa retraite.